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Le scandale de l'assurance-emprunteur peut-il arriver en France ?

Depuis la loi Lagarde, le choix de l'assureur par l'emprunteur est libre

Depuis la loi Lagarde, le choix de l'assureur par l'emprunteur est libre - -

En Grande-Bretagne, les plaintes des clients concernant les ventes forcées d'assurance-emprunteur pleuvent. En France, en théorie, le client peut s'assurer dans l'organisme qu'il veut.

Le scandale en Grande-Bretagne des ventes forcées d'assurance-emprunteur continue de faire du bruit. Les premiers chiffres parlent de 10 milliards de livres mis de côté par les banques du pays pour faire face aux plaintes de leurs clients. Et en France, où en est-on exactement de la législation sur le système des assurances-emprunteurs?

L'assurance-crédit ou l'assurance-emprunteur, c'est l'assurance souscrite lors de l'obtention d'un prêt pour assurer son remboursement. Autrement dit pour se protéger d'une perte de revenus pour cause de maladie ou de perte d'emploi.

Pendant longtemps ce type d'assurance était imposé par l'organisme bancaire qui accordait le prêt. Mais depuis septembre 2010 et la loi Lagarde, le choix de l'assureur est libre. Une ouverture à la concurrence censée protéger le consommateur.

La banque a le devoir d'informer son client

Désormais, l'assurance du prêt peut donc être souscrite auprès d'un organisme assureur de son choix. Et c'est même un devoir pour l'établissement bancaire d'en informer son client.

Ça, c'est la théorie. Mais dans les faits, les études montrent qu'encore assez peu de personnes, seulement 10%, souscrivent cette assurance ailleurs que dans la banque qui leur prête. Soit par ignorance, ce qui est le cas de quasiment un français sur trois. Soit par crainte que leur prêt leur soit refusé. La banque prêteuse a en effet la possibilité de refuser l'assurance-emprunteur d'un concurrent qui n'offrirait pas de garanties équivalentes à la sienne. Une évaluation établie selon ses propres critères et qui reste donc, encore, très subjective.

Isabelle Gollentz