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Le diamant russe Alrosa a besoin de polissage - Plus Europe

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Helen Thomas THE WALL STREET JOURNAL LONDRES (Dow Jones)--Les investisseurs aiment les nouvelles pépites. Le groupe russe de mines de diamant Alrosa (ROSA.RS), qui vient de mettre sur le marché une tranche supplémentaire de son capital afin de por

Helen Thomas

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LONDRES (Dow Jones)--Les investisseurs aiment les nouvelles pépites.

Le groupe russe de mines de diamant Alrosa (ROSA.RS), qui vient de mettre sur le marché une tranche supplémentaire de son capital afin de porter son flottant de 7% à 23%, apparaît comme une pierre brute qui a bien besoin d'être taillée et polie.

Aucune grande mine de diamant n'a été découverte depuis la fin des années 90. Mais la demande augmente, à mesure que les marchés émergents comme la Chine prennent goût aux bijoux et aux pierres précieuses. La demande mondiale devrait croître de 5,9% par an sur la période de 2011 à 2020, d'après Bain & Co., alors que la production ne progresserait que de 2,5%.

Nette décote par rapport au secteur

Investir dans le secteur des mines de diamant peut cependant se révéler compliqué. Le titre Alrosa n'était jusqu'ici que très peu négocié à la Bourse de Moscou. Depuis qu'Anglo American (AAL.LN) a racheté De Beers en totalité, les investisseurs n'avaient plus le choix qu'entre quelques acteurs bien plus petits.

Dans le cadre de son placement de titres, le groupe Alrosa a été valorisé à environ 4,5 fois l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) estimé pour 2014. Cela représente une nette décote par rapport à de grands groupes miniers diversifiés comme Anglo American, valorisés à 5,5 ou 6 fois l'Ebitda.

L'Etat prépondérant au capital

Mais ceux qui espèrent qu'Alrosa pourra atteindre des multiples de valorisation très brillants risquent d'être déçus. Le groupe a encore du ménage à faire, notamment dans ses activités non stratégiques telles que l'hôtellerie. Et ses dépenses d'investissement s'élèvent à 1 milliard de dollars par an.

Investir dans le géant du diamant signifie devenir actionnaire minoritaire d'un groupe qui reste détenu à 44% par l'Etat russe et à 25% par la République de Sakha (Iakoutie), en Sibérie orientale, souligne BCS Financial.

La mise sur le marché d'une nouvelle tranche de son capital par Alrosa a remis au premier plan la question des règles de gouvernement d'entreprise du groupe, qui envisage de renforcer son conseil d'administration. L'éclat attirant du diamant ne doit pas faire oublier qu'Alrosa reste un joyau en devenir.

-Helen Thomas, The Wall Street Journal

(Version française Lydie Boucher)

(END) Dow Jones Newswires

October 29, 2013 07:27 ET (11:27 GMT)

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