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La fusion entre LSE et Deutsche Börse semble compromise

LSE ne veut pas céder sa filiale MTS

LSE ne veut pas céder sa filiale MTS - AFP

Bruxelles ne devrait pas approuver la fusion entre LSE et Deutsche Börse, la bourse londonienne ayant refusé de céder MTS, une plateforme spécialisée sur les marchés des obligations d'États.

Coup de théâtre dans le feuilleton LSE-Deutsche Börse. Alors que tout semblait ficelé entre les deux opérateurs boursiers, la place financière londonienne a annoncé qu'elle refusait d'accéder à une demande de dernière minute de la Commission européenne. Une décision qui risque de condamner la fusion des deux groupes. D'après le LSE, Bruxelles a demandé que le groupe britannique cède sa part majoritaire dans MTS, une plateforme d'échange électronique italienne spécialisée sur les marchés des obligations d'États européens et d'autres titres à rendements fixes.

Cette requête de la Commission est intervenue après l'engagement formel du LSE et de Deutsche Börse de vendre la filiale française de la chambre de compensation du LSE, LCH Clearnet SA, à l'opérateur Euronext afin d'apaiser les craintes en termes de concurrence que la fusion des groupes britannique et allemand pouvait nourrir à Bruxelles. La cession de LHC Clearnet, conditionnée à la réalisation de la fusion, pourrait donc elle aussi être compromise.

"La Commission a étonnamment soulevé de nouvelles inquiétudes à propos de la viabilité du remède suggéré à propos de LCH SA, par rapport à l'accès aux marchés obligataire et de pension livrée fourni par MTS", a expliqué le LSE dans son communiqué. La bourse londonienne a expliqué avoir sondé plusieurs parties à propos d'une éventuelle vente de MTS, à propos de laquelle Bruxelles exigeait une première réponse dès ce lundi à midi.

Mais l'opérateur britannique a souligné qu'au vu de ces premiers échanges, notamment avec les autorités italiennes, cette cession supplémentaire aurait été trop complexe à mettre en place et non satisfaisante de son point de vue. La direction du groupe britannique a du coup décidé de ne pas obtempérer à cette nouvelle réclamation de la Commission et de ne pas céder cet actif en Italie, ce qui risque au final de faire échouer l'ensemble de l'opération LSE-Deutsche Börse.

Vers un troisième échec 

Le conseil d'administration du LSE a certes indiqué aussi qu'il continuait de souhaiter cette fusion avec le groupe allemand, mais n'a pas précisé comment il comptait s'y prendre et a ajouté qu'il avait confiance en sa vigueur "en tant qu'entreprise autonome". "Cela ressemble bien à un clap de fin" pour la fusion, a réagi Thomas Moore, directeur des investissements chez Standard Life Investments sur la BBC Radio 4. "Il semble y avoir eu de nouveaux avertissements de la Commission européenne lancés de façon impromptue il y a deux semaines, ce qui est surprenant vu que le processus d'approbation remonte au mois de septembre". 

Dans un bref communiqué, Deutsche Börse a confirmé le refus du LSE de se séparer de MTS, et déclaré attendre désormais une décision "vers la fin mars" de la Commission européenne sur la fusion. Annoncée en mars dernier, la fusion LSE-Deutsche Börse devait donner naissance à un géant boursier de la taille de ceux formés aux États-Unis entre le CME de Chicago et l'ICE de New York, ou en Asie avec l'opérateur de Hong Kong.

C'est la troisième fois que le LSE et Deutsche Börse tentent de s'unir: les deux opérateurs avaient par deux fois échoué en 2000 et 2005. Deutsche Börse avait également essayé, sans succès, de se marier en 2011 à NYSE Euronext.

S.B. avec AFP