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La crise a relativement épargné le tourisme français en 2009

L'industrie touristique française a résisté à la crise en 2009. La France a accueilli l'an dernier 74 millions de visiteurs étrangers arrivés pour motif personnel, contre 79 millions en 2008, soit un recul de 6%. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard

L'industrie touristique française a résisté à la crise en 2009. La France a accueilli l'an dernier 74 millions de visiteurs étrangers arrivés pour motif personnel, contre 79 millions en 2008, soit un recul de 6%. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard - -

PARIS - L'industrie touristique française a résisté à la crise en 2009 malgré une baisse du nombre de visiteurs étrangers et un recul du tourisme...

PARIS (Reuters) - L'industrie touristique française a résisté à la crise en 2009 malgré une baisse du nombre de visiteurs étrangers et un recul du tourisme d'affaires.

La bonne tenue du tourisme hexagonal a compensé une désaffection notable à l'international, selon un bilan présenté mardi par le secrétaire d'Etat au Tourisme, Hervé Novelli.

La France reste la première destination de vacances dans le monde.

"2009 a été une bonne année et 2010 sera l'année de l'après-crise dans l'économie touristique", a déclaré Hervé Novelli lors d'une conférence de presse.

Comme l'année précédente, l'industrie touristique a représenté en 2009 environ 6,4% du produit intérieur brut (PIB) de la France.

Selon une enquête associée à un baromètre TNS Sofres, la France a accueilli l'an dernier 74 millions de visiteurs étrangers arrivés pour motif personnel, contre 79 millions en 2008, soit un recul de 6%.

Pour les voyageurs venus pour raison professionnelle, la baisse atteint 10%.

Le reflux du nombre de touristes étrangers a été de 7% pour les Européens (- 17,3% pour les Britanniques, -10,2% pour les Espagnols, -2,8% pour les Italiens mais +1,7% pour les Allemands et +7% pour les Suisses).

Le recul est de 8% pour les voyageurs en provenance d'Amérique du Nord, de 4% pour les Chinois et de 3% pour les Japonais - la valeur du dollar et du yen a baissé en 2009 par rapport à l'euro.

En 2009, la fréquentation dans l'hôtellerie de tourisme a reculé de 4,9%, une chute surtout ressentie dans les hôtels deux ou trois étoiles, qui regroupent le plus grand nombre de nuitées.

Crise oblige, nombre de Français désireux de prendre des vacances malgré un budget serré ont opté pour le camping, faisant bondir de 4,2% la fréquentation de l'hôtellerie de plein air.

SUCCÈS DU CAMPING

Dans les campings, la hausse de fréquentation de 7,2% pour la clientèle française a compensé la baisse de 1,1% de la présence étrangère - les Néerlandais constituent la première clientèle, devant les Britanniques et les Allemands.

"Pour des raisons de pouvoir d'achat, mais aussi de mode et d'évolution, les Français sont venus plus nombreux fréquenter cette hôtellerie de plein air", a commenté Hervé Novelli, rappelant que la France renfermait à elle seule le tiers de l'offre de camping en Europe.

A l'instar de l'hôtellerie classique, où une cinquième étoile a fait son apparition l'an dernier, un nouveau classement des campings - qui recevront entre une et cinq étoiles - sera mis en place le 1er juillet 2010.

D'une manière générale, le littoral a mieux résisté que les villes, davantage affectées par la raréfaction des touristes étrangers.

Autre tendance : les Français décident de partir en vacances de plus en plus tard, souvent à la dernière minute grâce à internet, ce qui rend difficile toute prévision.

"Pour les vacances de Pâques les professionnels sont optimistes, ils anticipent une fréquentation améliorée. Pour l'été, nous verrons dans quelques semaines", a dit Hervé Novelli.

Selon le secrétaire d'Etat, 5% des Français sont partis à la montagne pour les vacances d'hiver, soit une hausse de 1% par rapport à 2008.

Zone rouge de ce bilan touristique 2009 : les quatre départements d'outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion) où la fréquentation est en recul de près de 20% (19,4%) en moyenne.

Un repli dû à la crise et au mouvement de grève générale qui a paralysé les Antilles début 2009.

"Elle a duré un mois et demi mais ses conséquences se sont fait sentir durant plusieurs mois", note le secrétariat au Tourisme dans son dossier de presse.

Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet