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La consommation des ménages retombe en avril

La consommation des ménages français en produits manufacturés est retombée de 1,2% en avril après son rebond du mois précédent, sous le coup d'une baisse des ventes de voitures. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard (FRANCE)

La consommation des ménages français en produits manufacturés est retombée de 1,2% en avril après son rebond du mois précédent, sous le coup d'une baisse des ventes de voitures. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard (FRANCE) - -

PARIS - La consommation des ménages français en produits manufacturés est retombée de 1,2% en avril après son rebond du mois précédent, sous le coup...

PARIS (Reuters) - La consommation des ménages français en produits manufacturés est retombée de 1,2% en avril après son rebond du mois précédent, sous le coup d'une chute de près de 10% des ventes de voitures, a annoncé l'Insee mercredi.

Le chiffre est plus mauvais qu'attendu puisque vingt économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une diminution de 0,5%.

La hausse de mars, qui faisait suite à deux mois de nette baisse déjà sous l'influence de l'automobile, a été révisée à +1,6% après avoir été initialement annoncée à 1,2% mais la baisse de l'ensemble du premier trimestre est maintenue à -1,9%.

"Une seule hausse a été enregistrée sur les quatre premiers mois de l'année alors que la consommation est à l'origine de l'essentiel de la croissance du PIB de la France", s'inquiète Alexander Law, économiste au cabinet de recherche Xerfi.

La baisse d'avril "lance le deuxième trimestre sur de bien mauvaises bases et compromet nos chances d'atteindre un taux de croissance respectable sur l'ensemble de l'année", ajoute-t-il en jugeant que la croissance aura du mal à dépasser les 1%.

LES ACHATS DE VOITURES PLONGENT DE 9,5%

Après s'être repris de 3,3% en mars, les achats de voitures ont dégringolé de 9,5% en avril, contrecoup de la réduction de la prime à la casse le 1er janvier.

"Depuis le début de l'année, cette locomotive de la consommation, voire de l'économie française dans son ensemble, enregistre un recul de 23,6% et son niveau atteint même un plancher depuis janvier 2009", remarque Marc Touati, chez Global Equities, en faisant un parallèle avec la chute des ventes qui avait suivi la précédente prime à la casse des années 1996-1997.

L'objet de la prime à la casse était de soutenir le secteur automobile par une aide ciblée en tablant sur une amélioration de la conjoncture début 2010 qui permettrait d'éviter un contrecoup trop violent sur la consommation.

"Mais voilà, la croissance reste désespérément molle et les perspectives sont à peine meilleures, d'autant que la baisse de l'euro a pour effet de renchérir les produits manufacturés importés", souligne Alexander Law.

Le produit intérieur brut français n'a progressé que de 0,1% au premier trimestre, après une croissance inattendue de 0,6% lors des trois derniers mois de 2009.

La consommation des ménages dans son ensemble, qui comprend les services, l'énergie et l'alimentation en plus des produits manufacturés, a stagné après une hausse de 0,9% fin 2009 qui était due en bonne partie à la prime à la casse.

Les achats de voitures avaient bondi de 12,5% au quatrième trimestre avant la réduction de la prime à la casse.

LE TEXTILE-CUIR RETOMBE EN AVRIL

"Après avoir soutenu à bout de bras la croissance, la consommation des ménages commence à fatiguer et ne pourra pas rééditer ses exploits de la dernière décennie", juge Marc Touati pour qui la croissance de la consommation devrait tout juste dépasser les 1,2% cette année.

Les chiffres d'avril sont d'autant plus inquiétants que tous les secteurs de la consommation ont baissé, à l'exception de la catégorie "autres produits manufacturés".

Les dépenses en équipement du logement ont reflué de 0,3% après une hausse de 0,8% en mars et le textile-cuir est retombé de 1,2% après un gain révisé de 4,4% (+3,5% en première estimation).

Le beau temps des derniers jours laisse cependant espérer un rebond des achats de vêtements en mai tandis que l'approche de la Coupe du monde de football devrait favoriser les ventes d'électronique grand public, téléviseurs en tête, notent les économistes.

Dans la catégorie "autres produits manufacturés", l'Insee signale un dynamisme des achats en quincaillerie-bricolage et en édition alors qu'a contrario les ventes d'horlogerie-bijouterie ont reculé.

Véronique Tison, édité par Yves Clarisse