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L’UE somme la SNCM de rembourser 220 millions d’aides publiques

La Commission européenne a exigé jeudi le remboursement de 220 millions d'euros d'aides publiques versées à la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM), car elle juge ces subventions contraires à la concurrence. Cette décision, prise après une plainte

La Commission européenne a exigé jeudi le remboursement de 220 millions d'euros d'aides publiques versées à la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM), car elle juge ces subventions contraires à la concurrence. Cette décision, prise après une plainte - -

La Commission européenne a demandé ce jeudi à la compagnie maritime SNCM de rembourser, d'ici la fin août, 220 millions d'euros d'aides publiques. Des aides versées pour augmenter la desserte de la Corse pendant les périodes touristiques. Un coup qui pourrait être fatal pour la compagnie.

C’est un coup qui pourrait lui être fatal. La Commission européenne somme la compagnie maritime marseillaise SNCM de rembourser, d'ici la fin août, 220 millions d'euros d'aides publiques. La compagnie va faire appel de cette décision, rendue publique ce jeudi, et qui concerne les aides perçues pour le service « complémentaire » de desserte de la Corse, couvrant les périodes de pointe de la saison touristique. Bruxelles, saisi en 2007 par le groupe italien Corsica Ferries, principal concurrent de la SNCM, a jugé qu'elles ne compensaient aucun besoin réel de service public et ont donc procuré un avantage indu à la SNCM, chiffré à 220 millions d'euros sur 2007-2013. Un montant à restituer sous quatre mois à la collectivité corse.

Juste un « incident de parcours »

« Nous attendions bien sûr cette décision car cela fait de nombreuses années que nous contestons cette notion de "service complémentaire" (...) qui visait uniquement à favoriser une compagnie en difficulté financière », a commenté le directeur général de Corsica Ferries, Pierre Mattei. « Les voies d'appels et de recours en droit pour contester cette décision de l'Europe existent. Nous allons les saisir avec la plus grande fermeté et la plus grande détermination », a rétorqué la SNCM.
Le président de son directoire, Marc Dufour, a souligné que ces recours étaient suspensifs et a qualifié la décision de Bruxelles « d'incident de parcours ». « La reprise de parts de marché effective depuis deux ans doit gêner un certain nombre d'acteurs de ce secteur », a-t-il ajouté.

« Rembourser 220 millions d'euros ? Vous mettez la clef sous la porte »

Il s'agit d'un coup très dur pour la SNCM et ses 1 400 salariés en équivalent temps plein, en plein marasme financier: la compagnie dont les neuf ferries et cargos mixtes assurent des rotations entre le continent et la Corse, la Sardaigne, la Tunisie et l'Algérie, a essuyé 14 millions d'euros de pertes en 2012 - après 12 millions en 2011 - pour un chiffre d'affaires d'environ 300 millions. « Si vous devez rembourser 220 millions d'euros, vous mettez la clef sous la porte, mais on ne l'imagine pas un seul instant », a commenté Frédéric Alpozzo, secrétaire général du syndicat CGT des marins de la SNCM. « Cette condamnation est infondée. Cela fait des années que nous contestons l'acharnement juridique de Corsica Ferries, qui a oublié de dire à la Commission qu'elle a touché de son côté 150 millions de subventions de l'Etat au titre de l'aide sociale », a-t-il ajouté.

Philippe Gril avec Reuters