BFM Patrimoine

L’ex-patron de Citigroup prône une séparation des banques

"Les choses ont changé", explique Sandy Weill pour expliquer son changement de position.

"Les choses ont changé", explique Sandy Weill pour expliquer son changement de position. - -

Sandy Weill s’est prononcé pour la séparation des activités de dépôts et de marchés au sein des banques. L’ex-patron de Citigroup jette ainsi un pavé dans la marre au moment où la régulation se met en place aux Etats-Unis.

Formulée au cours d’un entretien sur la chaîne américaine CNBC le 25 juillet, la déclaration de Sandy Weill a fait l’effet d’une bombe au sein du secteur financier. L’ex-patron de Citigroup s’est en effet prononcé pour la séparation des banques, afin que les activités de dépôts et celles d’investissement soient confiées à des établissements différents.

Or, tout au long de sa carrière, il a toujours prôné le contraire. L'ex-patron de Citigroup, aujourd’hui âgé de 79 ans, a été le fer de lance de ce que les Américains appellent la banque "supermarché". Autrement dit, un établissement gigantesque où l'on peut tout trouver.

Il est aussi l’artisan de la fusion, à la fin des années 90, de la banque Citicorp et de l'assureur Travelers Group. Citigroup était alors devenu le plus gros établissement financier du monde.

Le secteur bancaire opposé à la scission

Aujourd’hui, Sandy Weill pense que les choses ont changé et que ce modèle n'est plus efficace. Les banques sont attaquées de toutes parts, les établissements de détail doivent donc, selon lui, revenir à leurs fondamentaux. A savoir: prendre les dépôts et octroyer des prêts.

Les banques d'investissement pourraient ainsi faire des opérations de marchés sans risquer l'argent des clients. Au final, cette séparation valoriserait mieux chaque activé.

Ces déclarations ont boosté les actions des valeurs bancaires hier. Pourtant, ces propos apparaissent comme iconoclastes dans le monde de la finance américaine, à l'heure où les grands banquiers se battent pour limiter les effets de la régulation et une séparation trop franche entre les différentes activités.

Emmanuel Duteil et BFMbusiness.com