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L'euphorie des marchés retombe, doutes sur le plan de l'UE

L'euro reste faible et les marchés d'actions sont nettement repartis à la baisse, l'euphorie provoquée lundi par l'adoption d'un plan de 750 milliards d'euros pour empêcher une contagion de la crise grecque à d'autres pays européens ayant rapidement cédé

L'euro reste faible et les marchés d'actions sont nettement repartis à la baisse, l'euphorie provoquée lundi par l'adoption d'un plan de 750 milliards d'euros pour empêcher une contagion de la crise grecque à d'autres pays européens ayant rapidement cédé - -

par Blaise Robinson PARIS - L'euro reste faible et les marchés d'actions sont nettement repartis à la baisse l'euphorie provoquée lundi par...

par Blaise Robinson

PARIS (Reuters) - L'euro reste faible et les marchés d'actions sont nettement repartis à la baisse l'euphorie provoquée lundi par l'adoption d'un plan de 750 milliards d'euros pour empêcher une contagion de la crise grecque à d'autres pays européens ayant rapidement cédé la place aux interrogations sur sa mise en oeuvre.

En milieu de journée, la monnaie unique cède plus de 0,5% face au dollar et les valeurs européennes perdent 1,8%. La Bourse de Paris recule de plus de 2% après avoir gagné 9,66% lundi. Madrid cède 3,8%, Lisbonne 2,3% et Athènes 1,8%.

A Wall Street, les contrats sur indices boursiers laissent présager une ouverture en baisse après la vive hausse observée lundi.

En Asie, où les places asiatiques ont également terminé en repli, la Bourse de Shanghai a cédé 2% pour clôturer à son niveau le plus bas depuis près d'un an en réaction aux signes d'un accroissement des pressions inflationnistes en Chine.

Selon des données officielles publiées mardi, les prix à la consommation en Chine ont augmenté de 2,8% en rythme annuel en avril, portant l'inflation à son niveau le plus haut depuis 18 mois.

Les marchés mondiaux s'inquiètent de l'accélération de l'inflation en Chine, qui pourrait inciter la banque centrale à durcir sa politique monétaire même si une série de statistiques publiées mardi montre que l'économie chinoise n'est pas en surchauffe comme certains l'avaient craint.

"Hier, on a assisté à des couvertures de position à découvert à la suite de la réunion de l'Ecofin pendant le week-end mais aujourd'hui, nous sommes de retour à la réalité", commente Jeremy Batstone-Carr, directeur de recherches chez Charles Stanley.

"J'ai vu que cette hausse avait été décrite comme un 'rally disproportionné' et je suis plutôt d'accord avec cela, il reste encore beaucoup trop d'incertitudes pour une reprise durable."

L'AVERSION AU RISQUE PROFITE À L'OR

Dans l'euphorie générale, l'indice bancaire Stoxx Europe 600 a flambé de 15% lundi. Mardi midi, il cédait 3,5%, la prudence étant à nouveau de mise chez les investisseurs qui ont eu le temps de digérer les annonces européennes.

Certains estiment que le mécanisme sans précédent adopté lundi par l'Union européenne en coordination avec le Fonds monétaire international (FMI) ne sera pas suffisant pour régler à long terme les problèmes de dette souveraine dans la zone euro.

"Même si le pire scénario, un défaut de paiement de la Grèce, a été évité pour l'instant, le règlement des problèmes de fond a dans une large mesure été simplement reporté et de nouvelles interrogations pourraient apparaître pour des pays comme le Portugal et l'Espagne", commente Nagayuki Yamagishi, de Mitsubishi UFJ Morgan Stanley Securities.

Le FMI a souligné que la dette publique de la Grèce était gérable à moyen terme mais qu'une faiblesse persistante de sa croissance pourrait compliquer la situation.

La Grèce pourrait présenter dans la journée sa première demande d'aide dans le cadre du plan de stabilisation, a-t-on appris mardi de sources gouvernementales autorisées.

L'agence de notation Moody's a prévenu de son côté qu'elle pourrait abaisser la note du Portugal et rétrograder celle de la Grèce en catégorie spéculative ("junk").

Athènes demandera 14,5 milliards d'euros mardi à l'UE et pense recevoir 5,5 milliards supplémentaires du FMI mercredi, a-t-on expliqué.

Le baril de brut léger américain est retombé sous la barre des 76 dollars et les cours des métaux de base cèdent également du terrain.

L'or, traditionnelle valeur refuge, est dopé ces derniers temps par le retour de l'aversion au risque et se traite à un plus haut de cinq mois autour de 1.216 dollars l'once.

Ce contexte profite également aux Bunds allemands. Les opérateurs de marché craignent à présent que l'écart de rendement entre la dette périphérique et les obligations de référence allemandes n'augmente à nouveau, après avoir chuté lundi.

Axel Weber, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, a déclaré lundi que les rachats de dette publique par les banques centrales de la zone euro resteraient limités dans leur ampleur.

Gwénaelle Barzic pour le service français, édité par Dominique Rodriguez