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L'arme anti-Bloomberg dans le viseur du shérif de Wall Street

Bloomberg a un concurrent.

Bloomberg a un concurrent. - Leon Neal - AFP

Bloomberg équipe quasiment toutes les salles de marchés du monde. 14 banques ont décidé de créer un concurrent. Ce qui inquiète le régulateur des services financiers.

Cette jeune entreprise bouleverse l'ordre établi. Le régulateur des services financiers de New York (DFS) a annoncé mercredi avoir ouvert une enquête sur Symphony Communications, entreprise créée par 14 grandes banques dont Goldman Sachs pour concurrencer l'agence Bloomberg dans les salles de marchés. "Nous vous écrivons pour demander des informations au sujet des outils de communication commercialisés par Symphony Communications Services, dont ceux liés à la conservation des documents, les polices et les fonctionnalités", écrit Anthony Albanese, qui a remplacé Benjamin Lawsky à la tête du DFS.

Anthony Albanese demande des informations liées à la suppression des données, à l'encodage et au logiciel libre (Open-source), les retranscriptions des forums de discussions et toutes autres communications pouvant être liées à des manipulations de marchés. Symphony, créé en novembre et dirigée par le Français David Gurle, est notamment propriétaire de "Perzo", présenté comme un service de messagerie interne aux salles de marché dont le but est d'offrir une alternative aux services de l'agence d'informations financières Bloomberg. Les services de messagerie permettent aux traders d'envoyer des messages privés à leurs clients ou d'échanger de façon confidentielle sur des analyses financières.

Mieux surveiller leurs traders

Les actionnaires de Symphony sont Bank of America Merrill Lynch, Bank of New York Mellon, Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Morgan Stanley, Wells Fargo, Nomura, Citigroup, Jefferies, BlackRock, Maverick et Citadel. Dans un environnement réglementaire renforcé, les établissements financiers fondent leurs espoirs sur "Perzo" pour mieux surveiller leurs traders et éviter des scandales comme celui de la manipulation supposée des marchés de changes.

Mais cette initiative vise surtout à rivaliser avec Bloomberg, qui équipe quasiment toutes les salles de marchés du monde de ses écrans financiers et services de messagerie. Les banques louent des terminaux à l'agence d'informations financières à un prix onéreux, plus de 20.000 dollars par an. Lancées dans une stratégie de réduction des coûts, elles ont voulu renégocier les prix à la baisse et ont essuyé un refus de Bloomberg. Cette fronde s'était amplifiée après la publication sur internet en 2013 de plus de 10.000 messages privés de clients, avec leurs identités et adresses électroniques.

D. L. avec AFP