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Japon: la Poste va entrer en Bourse, plus grosse introduction de 2015

Japan Post Holdings va entrer en Bourse.

Japan Post Holdings va entrer en Bourse. - Kazuhiro Nogi - AFP

La Poste japonaise va s'introduire en Bourse mercredi 4 novembre. 10 milliards d'euros sont en jeu.

La plus importante introduction en Bourse de l'année va bientôt avoir lieu. Plus de 10 milliards d'euros (1.400 milliards de yens) seront en jeu, mercredi 4 novembre, lors de la mise sur le marché de la Poste japonaise. Japan Post Holdings et ses deux filiales financières (Japan Post Bank et Japan Post Insurance) seront placées à hauteur de quelque 10% chacune, une part intentionnellement très limitée pour éviter de trop perturber le marché.

"Une augmentation progressive est prévue jusqu'à environ 50% pour les filiales financières", a précisé le groupe dans son plan d'objectifs 2015-2017. L'IPO sera vue comme une réussite si le cours des actions affiche un gain de 5% à la fin de la semaine, estiment des courtiers cités par les médias.

Le gouvernement japonais détient actuellement 100% de Japan Post Holdings, groupe parfois appelé "la plus grande banque du monde" parce qu'il gère pas moins de 200.000 milliards de yens de dépôts (près de 1.500 milliards d'euros). La cession d'actions du mastodonte va ainsi intervenir dix ans après le vote de sa privatisation sous le gouvernement de droite de Junichiro Koizumi (2001-2006), un processus retardé par l'intermède gouvernemental du Parti Démocrate du Japon, principale formation de centre-gauche qui a gelé le projet entre 2009 et 2012. Le dossier s'est débloqué avec le retour au pouvoir du Parti libéral démocrate (PLD) et du Premier ministre Shinzo Abe fin 2012.

Un réseau de 24.200 bureaux de poste

Japon Post Holdings aimerait réitérer les réussites qu'ont été précédemment l'entrée en Bourse du cigarettier Japan Tobacco (mis sur le marché en 1994) ou de l'opérateur de télécommunications NTT et sa filiale de services mobiles NTT Docomo, soulignait dimanche le quotidien économique Nikkei. Pourtant, même si le groupe espère bénéficier de l'essor du commerce en ligne (en prenant en charge plus de livraisons et en assurant les encaissements pour des tiers), Japan Post ne peut espérer bénéficier d'un environnement aussi bon qu'avait été celui de l'arrivée en Bourse de NTT en 1987, à l'aube d'une bulle boursière, et de NTT Docomo en 1998, au moment de la révolution des télécommunications cellulaires.

Outre le fait que Japan Post doive, de par la loi, entretenir un réseau de 24.200 bureaux de poste pas forcément des plus rationnels, les filiales financières n'ont pas la clientèle jugée la plus idéale. "Le problème essentiel est le manque d'attrait envers les jeunes générations. Les principaux clients de la banque et de la compagnie d'assurance sont des personnes âgées qui ont tendance à ne pas faire confiance aux sociétés financières privées et qui ne veulent pas prendre de risques. En outre, Japan Post Bank gère essentiellement l'épargne des clients en achetant les obligations d'État, qui ne produisent qu'un petit rendement du fait de l'assouplissement quantitatif de la Banque du Japon. Idem avec Japan Post Insurance", souligne dans une note Global-macro Research Institute qui partage l'avis de nombreux observateurs japonais et étrangers. Beaucoup s'interrogent aussi sur l'influence politique qui restera assurément forte compte tenu de la part encore détenue par l'Etat.

D. L. avec AFP