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Introductions en Bourse: une année 2016 à oublier

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- - Des écrans affichant les cours de la bourse - Illustration - AFP

En 2016, les introductions en Bourse au niveau mondial ont chuté de 16% en volume et de 33% en valeur. Les montants levés à la Bourse de Paris n'ont pas dépassé le milliard d'euros.

2016 sera une année à oublier pour les introductions en Bourse. En effet, d’après une étude du cabinet EY, 1.055 IPO ont été enregistrées en 2016 pour un montant de 132,5 milliards de dollars. Une activité en très forte baisse comparée à l’année 2015 que ce soit en volume (-16%) et en valeur (-33%). Il faut dire que le contexte macroéconomique (crainte de ralentissement de la croissance chinoise en début d’année, fin de l’argent facile sur les marchés) et politique (Brexit, élections américaines, montée des populismes en Europe) n’a pas facilité la tâche des entreprises.

Aucune zone géographique n’est épargnée par cette évolution. Ainsi, l’Asie-Pacifique, qui domine toujours le marché avec 60% du volume total et 54% du montant total, a vu son activité chuter de 6,3% en volume et de 21% en valeur. Une situation qui s'est encore plus dégradée aux États-Unis. En effet, au pays de l'Oncle Sam, les introductions sont en nette baisse de 36% pour un montant de 21,3 milliards de dollars (-37%). Du jamais vu depuis la crise financière de 2009. 2017 devrait être en revanche un meilleur cru puisque Wall Street se prépare à introduire Snap, l’ex-Snapchat, qui pourrait lever à cette occasion près de 3,8 milliards d’euros. Tandis que le service de VTC Uber pourrait lui aussi répondre aux sirènes du Nasdaq.

À peine 1 milliard d'euros levés à Paris

Et la Bourse de Paris dans tout ça? C’est très décevant. Selon le cabinet Baker McKenzie, les montants levés ont chuté de 82% (930 millions d'euros en 2016 contre 5,16 milliards en 2015) alors que seulement deux opérations ont dépassé les 100 millions d’euros: Maisons du Monde (330 millions d’euros) et Mediawan, la société dirigée par Pierre-Antoine Capton, associé à Xavier Niel et Matthieu Pigasse (250 millions d’euros). "Il faut remonter à 2012 pour trouver des montants moins élevés, tant pour les opérations domestiques que pour les IPO transfrontalières (entreprises françaises qui s’introduisent à l’étranger, NDLR)", indique l'étude de Baker McKenzie.

Comme en 2015 avec Deezer ou Oberthur, certaines entreprises ont décidé d’annuler ou de reporter leur introduction en Bourse (SMCP, Afflelou, Eranove). Pas sûr qu'elles candidatent à nouveau en 2017.