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ENTRETIEN: Le rachat de GEPS par Safran est pertinent mais cher payé - TCI

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PARIS (Dow Jones)--L'acquisition par Safran des activités de systèmes électriques de Goodrich est pertinente d'un point de vue stratégique mais l'opération risque de ne pas être créatrice de valeur parce car trop chère payée, a déclaré le

PARIS (Dow Jones)--L'acquisition par Safran des activités de systèmes électriques de Goodrich est pertinente d'un point de vue stratégique mais l'opération risque de ne pas être créatrice de valeur parce car trop chère payée, a déclaré le fonds activiste The Childrens' Investment Fund (TCI) à Dow Jones Newswires mardi.

"D'un point de vue stratégique, l'opération est pertinente, mais le prix payé est très élevé à environ 40 fois le résultat opérationnel attendu en 2012", a expliqué Edgar Allen, associé du fonds qui détient directement et indirectement 3% environ du capital du fabricant de moteurs d'avions.

"L'opération ne couvrira pas le coût du capital de Safran à court terme et les bénéfices devront progresser rapidement pendant plusieurs années pour que la transaction soit créatrice de valeur", a-t-il ajouté.

Safran a annoncé mardi matin le rachat des systèmes électriques aéronautiques de Goodrich Corporation, une filiale du géant américain United Technologies (UTX) afin de se renforcer dans un segment de marché qui pourrait selon le groupe français atteindre entre 4 et 5 milliards d'euros à long terme.

L'équipementier aéronautique a accepté de payer un montant de 310 millions d'euros pour une société qui devrait dégager cette année un chiffre d'affaires de plus de 200 millions de dollars (environ 154 millions d'euros) et dégage une marge opérationnelle inférieure à 5%.

Cette opération est annoncée environ une semaine après l'envoi par TCI d'une lettre à la direction de Safran, dans laquelle le fonds critique vertement la stratégie du motoriste. TCI y dénonce notamment la politique d'acquisition du groupe hors aéronautique, comme dans la sécurité.

"Ce n'est pas le type d'opération que nous avons cherché à empêcher quand nous avons envoyé notre lettre à la direction de Safran", a souligné Edgar Allen au cours d'un entretien téléphonique.

Safran a jusqu'à présent décliné tout commentaire sur le courrier de TCI.

"Nous n'avons pas reçu de réponse de la direction", a indiqué Edgar Allen à Dow Jones Newswires. "Mais nous espérons que son conseil d'administration débattra du contenu de cette lettre la prochaine fois qu'il se réunira", a-t-il ajouté. Safran publiera son chiffre d'affaires du troisième trimestre le 25 octobre prochain.

Le point de vue de TCI reflète celui de plusieurs analystes, dont ceux de CA Cheuvreux et Oddo Securities.

L'accueil du marché est relativement plus chaleureux. Mardi à 12h40, l'action progressait de 1,9% à 30,26 euros.

Dans un bref commentaire adressé à ses clients, Morgan Stanley, pourtant critique, explique que l'opération est bien reçue ce mardi, notamment parce qu'elle est réalisée dans l'aéronautique plutôt que dans la défense, et car elle éloigne le risque d'une plus grosse opération visant à grandir dans les systèmes électriques.

En 2010, Safran avait déjà tenté de se renforcer dans le domaine des équipements électriques en proposant un rapprochement avec Zodiac Aerospace (ZC.FR), le leader mondial sur le marché des sièges d'avions. Mais l'opération avait été catégoriquement rejetée par les actionnaires de Zodiac.

-Ambroise Ecorcheville, Dow Jones Newswires; +33 (0)1 40 17 17 71; ambroise.ecorcheville@dowjones.com

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October 16, 2012 07:09 ET (11:09 GMT)

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