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ENTRETIEN: Ipsos ne craint pas la percée numérique des agences de pub

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PARIS (Dow Jones)--La révolution numérique ne représente pas une menace pour Ipsos (IPS.FR) en termes de concurrence mais lui permettra au contraire de mieux appréhender le comportement des consommateurs, a assuré la directrice financière du gr

PARIS (Dow Jones)--La révolution numérique ne représente pas une menace pour Ipsos (IPS.FR) en termes de concurrence mais lui permettra au contraire de mieux appréhender le comportement des consommateurs, a assuré la directrice financière du groupe d'études par enquêtes, Laurence Stoclet, dans un entretien à Dow Jones Newswires.

"Pour Ipsos, les agences publicitaires ne représentent pas de nouveaux concurrents à l'heure du numérique car elles ne font pas la même chose que nous sur Internet", a affirmé la dirigeante, alors que certains analystes estiment que les sociétés d'études et de sondages pâtiront d'une nouvelle forme de concurrence en provenance des groupes publicitaires et des géants de l'Internet.

Après avoir dans un premier temps facilité la tâche des sociétés comme Ipsos en permettant la collecte de données en ligne, Internet favorise aujourd'hui la constitution et l'analyse de bases de données massives sur les habitudes des consommateurs. Selon une étude récente d'Exane BNP Paribas, la taille atteinte par les groupes publicitaires, leur puissance de feu en matière d'investissements et leurs acquisitions dans le numérique les placent en position de force pour profiter de l'émergence du "big data" en se passant des services des spécialistes comme Ipsos, Gfk (GFK.XE) ou Kantar.

"Analyser ce qui se passe dans la tête des gens ne se fait pas seulement en observant leur comportement", rétorque la directrice financière d'Ipsos. "Notre métier est aussi de comprendre le pourquoi de ces comportements".

Le numérique: un concept aux applications multiples

Les groupes publicitaires ont fortement accéléré leurs investissements dans le digital ces dernières années, en multipliant notamment les acquisitions de petites agences spécialisées. "Tout ce que les agences publicitaires appellent le digital correspond à du marketing direct: il s'agit d'adresser le bon message au bon consommateur", souligne toutefois Laurence Stoclet. "C'est un métier qui existait d'ailleurs avant Internet à travers le courrier postal, même s'il est aujourd'hui plus sophistiqué grâce au développement des réseaux digitaux et sociaux".

Les sociétés d'études par enquêtes utilisent également les outils numériques, mais à des fins différentes. Ipsos collecte ainsi 30% de ses données grâce à Internet (70% aux Etats-Unis), en se passant de l'intermédiaire des enquêteurs et donc en réalisant des économies. Le groupe investit également dans de "nouveaux services" tel que le "web listening" ou en animant des "mini-communautés" sur les réseaux sociaux.

"Il faut savoir quoi écouter et comment dans tout le bruit généré sur la toile. Notre métier consiste à être en prise direct avec les consommateurs, et à comprendre dans ce qu'ils pensent, disent et font", indique Laurence Stoclet, pour qui l'objectif reste d'aider les clients du groupe à inventer de nouveaux produits et à mieux gérer leurs marques.

Pas de nouvelle acquisition majeure en vue

L'acquisition du britannique Synovate en 2011 a également permis à Ipsos d'accroître sa présence dans les nouvelles technologies. Dans le domaine du big data, l'ancienne filiale d'Aegis a ainsi apporté au groupe français une structure de 130 personnes aux Etats-Unis chargée de modéliser et d'analyser les données collectées.

Après cette acquisition majeure mais plus coûteuse et plus longue que prévu à digérer, Ipsos souhaite désormais se concentrer sur l'assainissement de son bilan, le groupe souhaitant faire redescendre son ratio d'endettement autour de 2, contre 2,5 fin 2013. "Nous voulons croître mais la priorité est donnée à la croissance organique, notamment dans les nouveaux services comme la modélisation, les neurosciences, les réseaux sociaux et le "big data", a souligné Laurence Stoclet.

-Thomas Varela, Dow Jones Newswires; +331 40 17 17 72; thomas.varela@wsj.com

(END) Dow Jones Newswires

April 04, 2014 10:20 ET (14:20 GMT)

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