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Devises: la livre portée par la victoire de David Cameron.

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(CercleFinance.com) - La livre sterling saluait, vendredi midi sur le marché des changes, la victoire du Parti conservateur aux élections législatives du Royaume-Uni par une hausse marquée de 0,49% contre l'euro, qui se traite 0,7260 livre l'euro

(CercleFinance.com) - La livre sterling saluait, vendredi midi sur le marché des changes, la victoire du Parti conservateur aux élections législatives du Royaume-Uni par une hausse marquée de 0,49% contre l'euro, qui se traite 0,7260 livre l'euro. Une victoire si nette n'était pas prévue et elle réduit les incertitudes. Le sterling progresse d'ailleurs contre la quasi-totalité des autres devises, surtout contre le rouble russe (+ 2,82%), le yen (+ 0,64%), mais aussi le dollar américain et le yuan chinois (+ 0,40% dans les deux cas).

La réaction de la livre s'explique donc par l'hypothèse de la reconduction de David Cameron, le Premier ministre conservateur, n'était pas attendue par tous. Nombreux sont les analystes qui craignaient une coalition qui aurait assemblé les travaillistes aux indépendantistes écossais.

Si l'on savait qu'en sièges, les conservateurs devaient l'emporter, le résultat final (encore attendu) devrait leur être plus favorable encore. Par exemple, les analystes de Nomura estimaient, mercredi, que les conservateurs remporteraient 290 sièges au Parlement, suivant en cela les sondages alors disponibles.

Or pour l'heure selon The Independent, ce chiffre (qui ne cesse de grimper) serait de 321 sièges, alors que la majorité se situe à 326. Bref, il est possible que le parti de David Cameron, non content d'infliger une défaite aux travaillistes, soit éventuellement en mesure de gouverner sans l'aide d'un parti tiers.

Si le Parti conservateur est jugé plus favorable aux milieux d'affaires que ses concurrents, David Cameron s'est néanmoins engagé à organiser un referendum sur la place de Royaume-Uni dans l'Union européenne.

Cependant, explique Nomura, on ne sait toujours précisément pas quand ni comment cette consultation aura lieu, 'ce qui rend de difficile de spéculer à ce sujet contre le sterling'. Certes, une éventuelle sortie do Royaume-Uni de l'UE, soit le scénario connu sous le nom de 'Brexit' (pour 'British Exit'), 'constituerait un facteur de risque baissier pour la livre à moyen terme', reconnaît Nomura. *

'Toutefois, si le referendum se tient comme annoncé en 2017, le sterling aura le temps d'évoluer en fonction de nombreux autres facteurs d'ici lors, dont l'éventuel relèvement de ses taux par la Fed, l'extension - ou non - de son QE par la BCE au-delà d'octobre 2016, et l'éventuel relèvement de ses taux par la Banque d'Angleterre', indiquent les spécialistes, qui prévoient ce dernier événement pour février 2016.

Nomura estime de plus que les chances que l'issue de ce referendum britannique soit favorable à l'Europe sont en hausse, ce qui complique encore la tâche de ceux qui voudraient spéculer sur un 'Brexit'.

Enfin, si les travaillistes l'avaient emporté, ils auraient dû s'allier avec le Scotish National Party (SNP) écossais, 'ce qui aurait relancé les spéculations sur un nouveau referendum quant à l'indépendance de l'Ecosse, ce qui constitue un autre facteur d'incertitude politique'.

Chez Columbia Threadneedle Investments, on constate aussi que la victoire (pour l'instant relative) des conservateurs diminue les incertitudes. Mais à plus long terme, les gérants se veulent plus prudents, en rappelant qu'il est difficile de prévoir l'issue d'un referendum et que les opinions peuvent varier rapidement.

De plus, “la combinaison d'une victoire du gouvernement conservateur et de celle du SNP renforcent également l'éventualité d'un nouveau reférendum sur l'avenir de l'Ecosse”, estiment les spécialistes.

Voilà pour le sterling. On notera aussi que la monnaie unique européenne a abandonné les 1,14 dollar qu'elle tutoyait hier pour revenir, ce midi, à 1,1233 dollar l'euro (- 0,08%).

En la matière, l'après-midi sera décisive pour cette parité. Tout à l'heure aux Etats-Unis, le Bureau of Labor Statistics publiera 'la mère de toutes les statistiques' américaines : le rapport sur l'emploi pour le mois d'avril.

Pour mémoire, les créations de postes avaient fortement déçu en mars en tombant, en première estimation, à 126.000, soit leur plus bas niveau depuis décembre 2013.

Pour l'heure, le consensus, passablement étalé entre 180.000 et 335.000, se situe en médiane à 220.000, ce qui marquerait une reprise relativement au mois précédent. Le taux de chômage est également attendu en amélioration par le consensus, à 5,4% contre 5,5% précédemment.

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