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Déficit: Pierre Moscovici invoque la croissance pour faire plier Bruxelles

Pierre Moscovici "ne souhaite pas" atteindre les 3% du de déficit dès cette année.

Pierre Moscovici "ne souhaite pas" atteindre les 3% du de déficit dès cette année. - -

Le ministre de l'Economie a plaidé, ce mardi 26 février, pour le report de l'objectif des 3% de déficit à 2014. Un discours moins anodin qu'il n'y paraît, dans un contexte tendu sur les marchés.

Certains ont peut-être oublié, ces derniers jours, que le report de l’objectif de 3% du déficit à 2014 n’avait toujours pas reçu l’aval de Bruxelles. Du coup, le gouvernement s’efforce de rassurer la Commission européenne sur la stratégie économique de la France.

D’abord en indiquant, sans spécialement prendre de gants, que 2014 serait, elle aussi, marquée par de larges économies dans les dépenses de l’Etat, ainsi que par quelques prélèvements "ici ou là".

Ensuite, pour montrer à Bruxelles qu’au vu de la conjoncture actuelle, il ne serait pas forcément judicieux de réduire la part du déficit public à marche forcée, sous peine de réduire la croissance à néant.

"Je ne souhaite pas qu'on fasse 3% maintenant"

C’est en tout cas le sens des déclarations de Pierre Moscovici, ce mardi 26 février, à l’occasion d’un sommet Reuters sur la zone euro : "On doit inverser la courbe de l'endettement, on doit réduire les déficits : je ne suis pas du tout partisan d'abandonner en quoi que ce soit le sérieux de notre politique" mais il faut "prendre garde à garder des possibilités de soutien de la croissance à court terme", a ainsi affirmé le ministre de l’Economie et des Finances.

"C'est la raison pour laquelle je ne souhaite pas qu'on fasse 3% maintenant, compte tenu de la chute de la croissance en 2013, parce que si c'était le cas, on tuerait le peu de croissance qui nous reste, +0,1%, et en même temps on créerait un choc politique et social qui aura une traduction le moment venu, je ne sais quand, dans les urnes, à travers le populisme", a-t-il ajouté.

"La France a fait l'effort nécessaire pour 2013"

Une référence à peine voilée aux élections italiennes, lors desquelles le vote contestataire s’est manifesté de manière intense. La Commission européenne a d’ailleurs fait savoir qu’elle avait "entendu le message d’inquiétude" du peuple transalpin.

"Pour moi, la France a fait l'effort nécessaire pour 2013, en revanche je m'engage à ce que pour 2014 nous fassions tout pour que le déficit soit effectivement en deçà de 3%", a conclu Pierre Moscovici.

Le plaidoyer du ministre pourrait ainsi trouver une écoute attentive du côté de l’instance européenne, qui voit les doutes ravivés sur les marchés, concernant l’avenir de la zone euro.

Yann Duvert