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Comment un responsable de la BCE veut "casser le bitcoin"

Ewald Nowotny souhaite notamment instaurer une TVA sur le bitcoin.

Ewald Nowotny souhaite notamment instaurer une TVA sur le bitcoin. - Dieter Nagl - AFP

L'Autrichien Ewald Nowotny a évoqué certaines pistes pour réguler la crypto-monnaie. Parmi elles, l'obligation de divulguer son identité lors de chaque transaction.

L'un des membres du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, l'Autrichien Ewald Nowotny, s'est prononcé en faveur d'une régulation du bitcoin, "objet purement spéculatif qui se fait passer pour une monnaie".

"Il suffirait d'appliquer la règle de base de toute transaction financière: chaque participant doit divulguer son identité. Cela casserait le Bitcoin", a-t-il indiqué dans un entretien au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.

"Nous avons besoin d'une TVA sur le bitcoin qui n'est pas une monnaie", a-t-il également esquissé.

Un "vaste recyclage d'argent sale"

Le gouverneur de la banque centrale d'Autriche reprend ainsi à son compte le crédo de la BCE, qui considère le bitcoin, cette devise virtuelle et décentralisée, comme une bulle plutôt que comme une potentielle concurrente de l'euro mais pointe les risques de blanchiment de capitaux que pose le développement des blockchains et des crypto-monnaies.

"Nous venons de décider de ne plus imprimer de billets de 500 euros pour cette raison et nous assistons à un vaste recyclage de cet argent sale dans le bitcoin", a-t-il déploré.

Le bitcoin, cette monnaie virtuelle qui a fait irruption sur la scène financière internationale en 2017, est passé d'environ 1000 dollars en janvier à plus de 16.000 dollars à la mi-décembre, une ascension vertigineuse faisant craindre une bulle, même dans les milieux financiers rompus à la spéculation et à la volatilité.

Par ailleurs, le président de la banque centrale autrichienne estime que le Bitcoin est avant tout une mode et souligne l'impossibilité à terme de généraliser les paiements avec une monnaie dont le cours est aussi volatile. "Quand je prends le métro le week-end avec mes petits-enfants il y a toujours quelques personnes qui viennent m'en parler, avant on me demandait si il fallait acheter de l'or", a ironisé Ewald Nowotny.

Y.D. avec AFP