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Cet ours qui fait peur à la Bourse

Les sculptures d'ours et de taureau symbolisant la baisse et la hausse des marchés devant la Bourse de Francfort, en Allemagne.

Les sculptures d'ours et de taureau symbolisant la baisse et la hausse des marchés devant la Bourse de Francfort, en Allemagne. - Daniel Roland / AFP

Il est d'usage en bourse d'appeler un marché qui baisse un "bear market" et un marché qui monte un "bull market", parce que l'ours attaque du haut vers le bas, contrairement au taureau. Le fort recul des marchés financiers depuis le début de l'année semble donc correspondre au premier scénario, mais les taureaux n'ont peut-être pas (encore) perdu la partie.

Xavier d’Ornellas, gérant associé et responsable du Pôle Flexible d’Amplegest, analyse le difficile début d'année 2016 sur les marchés financiers.

Comment analysez-vous la récente chute des bourses ?

Xavier d’Ornellas: En premier lieu, la dégringolade du pétrole inquiète les marchés en raison du risque de liquidité globale en cas d’incapacité des pays émergents producteurs de pétrole à rembourser leurs dettes. De même, on peut craindre des faillites dans le secteur de l’exploration-production aux États-Unis, la situation se répercutant alors à l’industrie manufacturière, ce qui causerait un ralentissement que l’on constate déjà, alors même que la Fed a commencé à normaliser sa politique monétaire.

La Chine semble aussi inquiéter les marchés, à raison ?

Xavier d’Ornellas: La Chine ralentit depuis un certain temps, elle est en bas de cycle, ce n’est pas un scoop. Pour les autorités chinoises, le moment était donc propice pour mener des politiques accommodantes de relance. Et c’est exactement ce qui se produit avec la réduction des taxes sur les achats d’automobiles, les baisses de taux visant à remettre de la liquidité dans le système. Le seul véritable facteur d’instabilité est la façon dont la Chine va mener la politique d’internationalisation de sa monnaie, le renminbi. 

Quels sont les mécanismes qui menacent la liquidité ?

Xavier d’Ornellas: Au fur et à mesure que le pétrole baisse, il y a un certain nombre de vendeurs naturels qui doivent compenser la baisse de leurs revenus, notamment tous les grands fonds souverains qui disposent de réserves qu’ils peuvent vendre. Ce faisant, ils accentuent la pression sur les marchés. Sachant cela, les acheteurs ne se précipitent pas pour acheter. Deuxièmement, les investisseurs s’interrogent sur les effets de la normalisation de la politique monétaire de la Fed, tandis que la communication de la BCE n’a pas été particulièrement convaincante en début d’année, ce qui a nui au marché du crédit et des obligations haut rendement...

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François Berthon