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CAC40: fortement impacté, Draghi tente de minimiser la crise

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(CercleFinance.com) - La crise russo-ukrainienne secoue sérieusement les marchés, peut-être rendus plus vulnérables par un emballement haussier de 4 semaines sans aucune consolidation en février. Le CAC40 (-2,65% dans de gros volumes) clôture a

(CercleFinance.com) - La crise russo-ukrainienne secoue sérieusement les marchés, peut-être rendus plus vulnérables par un emballement haussier de 4 semaines sans aucune consolidation en février.

Le CAC40 (-2,65% dans de gros volumes) clôture au niveau de son plancher du jour inscrit à 4.290Pts mais il s'en tire mieux que la moyenne des places européennes qui chute de -3%, avec des écarts de -3,2% à Milan, -3,5% à Francfort et -5% à Varsovie (l'Ukraine est frontalière de la Pologne).

A noter que si les opérateurs ne se sont pas rués massivement sur les traditionnels placements-refuges (Bunds et T-Bonds), l'or a franchi vigoureusement la résistance des 1.350$/Oz.

Alors que de nombreux opérateurs espéraient un rebond en fin de séance (Mario Draghi et Warren Buffet notamment tentent de relativiser l'impact de l'Ukraine sur le business des entreprise occidentales), les dépêches et des rumeurs en provenance d'Ukraine ont dissuadé les acheteurs à bon compte.

Les tous derniers échos ne sont pas rassurants puisque la flotte russe aurait ordonné aux troupes ukrainiennes basées en Crimée (et notamment aux équipages de 2 bâtiments de la flotte ukrainienne) de se rendre d'ici demain 05H00 (du jamais vu depuis la crise géorgienne... et une exigence qui induit un état de guerre, alors que la Douma russe a autorisé Vladimir Poutine à recourir à la force).

'Très clairement, l'Europe traverse actuellement sa plus grave crise militaire depuis les guerres successives d'ex-Yougoslavie il y a une vingtaine d'années, voire depuis l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie en 1968', souligne Daniel Gravier, directeur général de XTB France.

'En ayant militairement envahi et occupé la région de Crimée, Vladimir Poutine accentue indirectement les craintes sur la monnaie unique et sur notre stabilité régionale', renchérit le professionnel.
Il prend cependant des risques économiques importants et le rouble est attaqué depuis le début de l'année (il a atteint ce matin un plancher historique de 37 contre $ et 51 contre Euro): la banque centrale russe a dû réagir en relevant son taux directeur de 5,5 vers 7%, provoquant un plongeon de la bourse de Moscou (-12% sur le RTS).

Vu le climat géopolitique, les bons chiffres US du jour passent au second plan: la croissance de l'activité du secteur manufacturier aux Etats-Unis a accéléré en février. L'Institute for Supply Management (ISM), est ressorti à 53,2 contre 51,3 au mois de janvier. Analystes et économistes tablaient en moyenne autour de 52.

Les dépenses de construction aux Etats-Unis ont augmenté de 0,1% au mois de janvier en rythme séquentiel, contre une baisse symétrique attendue par le marché.

Par ailleurs, les dépenses des ménages américains ont augmenté davantage que prévu au mois de janvier (+0,4% au lieu de +0,2% attendu), de même que leurs revenus, au vu des données du Département du Commerce.

Depuis Wall Street, l'Ukraine semble très loin et les indices US ne perdent pas plus de -1,3% (Nasdaq, Dow Jones) et le 'S&P' ne lâche que -1,1%... mais peut être les opérateurs US sous-estiment-ils les conséquences potentielles de cet épisode géopolitique majeur aux portes de l'Europe car Vladimir Poutine contrecarre déjà les projets occidentaux de renversement du pouvoir en Syrie depuis plus d'un an.

Sur le front des valeurs, Eurofins, rare valeur dans le vert sur le SBF 120, grappille 0,02%, après avoir dépassé son objectif de croissance organique en 2013 malgré un certain nombre de facteurs défavorables ayant pesé sur l'évolution de ses marchés.
Soitec (+4,5%) poursuit le rallye entamé vendredi (+3,6%) et Areva gagne +1,75% (un simple rebond technique alors que le groupe ne s'engage sur aucune de date de mise service de l'EPR en Finlande).

Les valeurs financières pâtissent des tensions en Ukraine. Ainsi, Société Générale accuse l'une des plus fortes baisses du CAC 40, perdant 5,45%, Renault (qui vend beaucoup en Russie) perd -5,4%, Arcelor-Mittal et Gemalto-4,1%, Crédit Agricole, BNP-Paribas et Alcatel-Lucent chutent de -3,5% en moyenne, Airbus de -3,2%.

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