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Bourse: l'Asie et Wall Street rebondissent

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- - Bryan R. Smith / AFP

Après deux jours de panique planétaire sur les marchés, Wall Street et les marchés asiatiques ont finalement rebondi ce vendredi. Mais les Bourses européennes n'ont pas suivi et terminent en léger repli.

L'indice vedette de la place new-yorkaise, le Dow Jones a terminé en hausse de 1,15%, et le Nasdaq a pris 2,29%. Conséquence d'un retour en force des valeurs technologiques et des résultats positifs de trois banques à l'occasion du lancement de la saison des résultats.

Plusieurs grandes banques américaines ont ainsi annoncé leurs résultats
trimestriels ce vendredi: JPMorgan, Citi et Wells Fargo. Elles font état de bénéfices trimestriels supérieurs aux attentes malgré de multiples sources d'inquiétude qui pèsent sur leur performance en Bourse depuis le début de l'année. Et puis embellie pour le secteur technologique, Netflix, Amazon et Apple, durement touchés lors du net repli des dernières séances, ont
gagné de 3,7% à 5,9%.

Le mouvement de panique observé cette semaine avait gagné l'ensemble des Bourses mondiales. Les marchés asiatiques ont finalement rebondi vendredi, après la publication de chiffres meilleurs que prévu sur les exportations chinoises et l'excédent commercial avec les Etats-Unis. Résultat, l'indice composite Hang Seng de la Bourse de Hong Kong a clôturé sur une hausse de 2,12%. En Chine continentale, l'indice composite de la Bourse de Shanghai, en chute de plus de 5% jeudi, a finalement gagné 0,91%, tandis que celui de Shenzhen qui s'est effondré de plus de 6% la veille, a augmenté vendredi de 0,19%. De son coté, l'indice Nikkei 225 de la Bourse de Tokyo a grimpé de 0,46% à la clôture vendredi, après avoir lâché 3,89% jeudi.

Légère baisse sur les marchés européens

Les marchés européens n'ont toutefois pas suivi ce mouvement, et ont clôturé en légère baisse vendredi. A Paris, le CAC 40 a perdu 0,20%, après avoir gagné 1,05% à l'ouverture. Il avait perdu près de 2% la veille. A Francfort, le Dax a terminé en recul de 0,13%, après avoir ouvert en hausse de 1,32%. L'indice FTSE-100 de la Bourse de Londres, qui a ouvert en hausse de 0,41%, affichait une baisse de 0,16%.

Selon David Madden, analyste chez CMC Markets, l'explication est simple: "Les investisseurs sont enclins à ajuster leurs portefeuilles avant le week-end" et à "encaisser leurs gains".

L'euro perdait du terrain vendredi face au dollar, après plusieurs jours de hausse. Vers 21 heures à Paris, la monnaie unique européenne valait 1,1562 dollar contre 1,1593 dollar jeudi vers 23 heures.

La semaine prochaine sera animée par le début de la saison des résultats trimestriels, mais les investisseurs seront surtout focalisés sur les perspectives de fin d'année des entreprises. Ils vont "essayer de comprendre dans quelle mesure on est, ou non, dans une inflexion de cycle", souligne Gilles Guibout, responsable des actions européennes chez AXA IM.

Les analystes restent toutefois prudents: "la séquence baissière semble être bien installée tant les incertitudes restent nombreuses", a commenté Daniel Larrouturou, directeur général délégué chez Diamant bleu Gestion. Plusieurs raisons à cette prudence, notamment les tensions commerciales internationales, les incertitudes sur les finances italiennes et le resserrement de la politique monétaire américaine.

Les élections législatives américaines de mi-mandat le 6 novembre sont également très attendues. "Avant cette échéance, il est difficile d'imaginer un marché qui reparte à la hausse", estime Gilles Guibout, qui s'attend à de prochaines évolutions "en dents de scie".

Les virulentes critiques du président américain, Donald Trump, sur les hausses de taux de la Banque centrale américaine ne sont pas non plus étrangères à ces inquiétudes. Le Président américain avait estimé jeudi que cette politique était selon lui une "grosse erreur".

Le marché obligatoire termine dans le calme

Les taux d'emprunt des pays européens, eux, ont peu évolué ce vendredi, les investisseurs restant prudents. "C'est quasiment le calme plat sur le marché obligataire", a commenté Antoine Lesné, responsable stratégie et recherche chez SPDR ETF (filiale de State Street Global Advisors). "La théorie voudrait que les taux d'emprunt se tendent, en particulier ceux des pays les plus solides de la zone euro" pourtant "la prudence reste de mise".

A 18 heures, le taux d'emprunt à 10 ans de l'Allemagne a légèrement reculé, s'établissant à 0,498% contre 0,518%, jeudi à la clôture du marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise. Celui de la France a suivi la même tendance, s'établissant à 0,867% contre 0,882%. Le rendement à 10 ans de l'Italie n'a pour sa part quasiment pas évolué à 3,577% contre 3,564%. A l'inverse, celui de l'Espagne a un peu progressé à 1,676% contre 1,643%. Le taux d'emprunt britannique à 10 ans a reflué, s'établissant à 1,633% contre 1,674%. A la clôture des marchés européens, le taux d'emprunt à 10 ans des États-Unis se stabilisait à 3,146%, contre 3,150% jeudi.

Les marchés resteront très attentifs aux annonces des résultats trimestriels des entreprises américaines qui vont se poursuivre la semaine prochaine, avec notamment la publication des comptes de Bank of America prévue lundi avant l'ouverture de Wall Street.

Sandrine Serais avec AFP