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Barclays préfère payer pour mettre fin à l’enquête sur le Libor

Le quartier de la bourse londonienne où le Libor est fixé quotidiennement (Photo: DR)

Le quartier de la bourse londonienne où le Libor est fixé quotidiennement (Photo: DR) - -

La banque a choisi de payer 453 millions de dollars d'amende pour arrêter l’enquête sur les manipulations du cours du Libor, l'un des principaux taux interbancaires. Au total, une dizaine de banques sont mêlées à cette affaire.

La banque britannique Barclays a annoncé, mercredi 27 juin, qu’elle déboursera 453 millions de dollars pour mettre fin à l'amiable à l'enquête internationale sur la manipulation du Libor (London interbank offered rate), l'une des principales références du marché interbancaire.

La bourse a sanctionné l'établissement : jeudi 28 juin, l'action de Barclays perdait plus de 11% à la Bourse de Londres, à 14h heure française. La banque est également sous le feu des critiques. "L'ensemble de l'équipe de direction a des questions graves auxquelles il lui faut répondre", a ainsi estimé le Premier ministre britannique David Cameron.

Le leader de l'opposition travailliste, Ed Miliband, réclame lui une enquête criminelle, jugeant que la banque devraient être poursuivie "comme des gens ordinaires lorsqu'ils enfreignent la loi".

"Tu m'as bien arrangé sur ce coup-là"

Au-delà de Barclays, plus d'une dizaine de banques, comme UBS, Citigroup ou encore Deutsche Bank est impliquée dans cette affaire. Ces établissements sont accusés d'avoir manipulé ce taux.

Des mails entre traders prouvent qu'il était fixé de façon totalement artificielle : "Je te revaudrais ça’’, "Merci, tu m'as bien arrangé sur ce coup-là", "Vient boire le champagne au bureau demain", "Je garde une bouteille de Bollinger au frais". Telles sont les phrases que les traders s’écrivaient entre eux, selon un rapport de la FSA (Financial Services Authority), le gendarme de la Bourse britannique.

Des manipulations de cours qui ont impacté des millions de personnes

Le Libor dépendait ainsi de simples petits arrangements entre amis. Ce taux est pourtant l'une des clefs de voûte de tout le système financier.

Au départ, le Libor sert à fixer le taux auquel les banques se prêtent entre elles. Il doit permettre ainsi de constater si le marché interbancaire connaît des tensions.

Mais derrière, les taux de milliers d'autres produits sont également indexés sur cette référence : des prêts aux entreprises, à la consommation, ou encore des crédits immobiliers. Ces petits arrangements entre banquiers ont donc eu un impact direct sur des millions d'épargnants.

Caroline Morisseau et BFMbusiness.com