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Airbus risque d'accuser des pertes importantes après l'échec de l'A340

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NEW YORK (Dow Jones)--Alors qu'Airbus célèbre ce vendredi le premier vol d'essai de son A350, qui fait déjà l'objet de plus de 600 commandes, l'avionneur européen et ses banquiers risquent d'accuser des pertes qui pourraient se monter à des cen

NEW YORK (Dow Jones)--Alors qu'Airbus célèbre ce vendredi le premier vol d'essai de son A350, qui fait déjà l'objet de plus de 600 commandes, l'avionneur européen et ses banquiers risquent d'accuser des pertes qui pourraient se monter à des centaines de millions de dollars, après l'échec de son avion précédent, l'A340.

En 2002, Richard Branson, fondateur de Virgin Atlantic Airways, avait dévoilé le premier Airbus A340 lors d'un spectacle étourdissant, auquel participait la top model Claudia Schiffer.

Or à l'automne 2012, Virgin a renvoyé son gros porteur quadrimoteur à Airbus. L'avionneur est maintenant en négociations pour vendre son avion à une compagnie de leasing maltaise pour moins de 20 millions de dollars, alors qu'il valait initialement 200 millions de dollars, selon des personnes proches des discussions.

Un phénomène international

Virgin n'est pas la seule compagnie à se débarrasser de ses énormes A340. Plusieurs grandes compagnies aériennes, du Canada à la Chine, se sont séparées de leurs A340 après quelques années d'utilisation seulement, et les nouveaux clients se sont fait rares. Le quadrimoteur long-courrier coûte bien trop cher à exploiter, déclarent les compagnies.

"Malheureusement", explique Akbar Al Baker, directeur général de Qatar Airways, l'A340 n'est pas une vieille voiture qu'on peut envoyer à la casse". Un accord conclu par la compagnie pour se débarrasser de ses quatre A340 a échoué parce que le repreneur potentiel exigeait une prime pour reprendre ces avions.

Le plongeon de la valeur des A340 pèse sur les principales banques européennes qui financent les ventes d'Airbus. Plus de 10 banques européennes appellent Airbus à les compenser pour les pertes sur les ventes d'A340 ou à redoubler d'efforts pour trouver un nouvel abri aux avions dont personne ne veut, selon les personnes proches du dossier.

Espoirs dans le nouvel A350

L'avionneur est financièrement exposé aux A340 par le biais de garanties qu'il a accordées à ses clients sur la future valeur de ses avions. Si le prix de revente des appareils enfonce certains seuils, Airbus doit rembourser la différence.

EADS a provisionné plus de 1 milliard de dollars pour couvrir les garanties sur ses produits, a indiqué le groupe dans son rapport financier de 2012. Ces pertes viennent s'ajouter aux fonds déboursés par Airbus pour développer l'A340, qu'il a cessé de construire en 2011.

EADS, qui a dégagé un chiffre d'affaires d'environ 75 milliards de dollars l'an dernier, estime que l'impact potentiel de ces pertes sur le group est gérable. Son exposition est limitée, en partie parce que les ventes d'A340 ont chuté. Airbus n'a livré que 131 appareils, bien moins que prévu. La hausse du prix du carburant et l'arrivée du Boeing 777 avaient anéanti la demande dès 2005.

Aujourd'hui, Airbus place ses espoirs dans le nouvel A350. Mais dans le cadre d'un accord conclu en octobre pour vendre le nouvel appareil à Singapore Airlines, Airbus a dû accepter de reprendre dix A340-500 de la compagnie, selon les deux groupes.

-Daniel Michaels, Dow Jones Newswires

(Marietta Cauchi et Jon Ostrower ont contribué à cet article)

(Version française Emilie Palvadeau)

(END) Dow Jones Newswires

June 14, 2013 05:10 ET (09:10 GMT)

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