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A la Société Générale, la crise c’est « plus fort que Kerviel »

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En pleine crise, les salariés des grandes banques françaises témoignent de l’ambiance tendue qui règne au sein de leurs entreprises. Reportage à la Défense auprès de la Société Générale et Natixis.

Alors que la situation est encore tendue au Etats-Unis et que les établissements européens commencent à être touchés, quelle est l'ambiance dans les couloirs des banques françaises ? Et quel est l'état d'esprit des employés des banques ?

« Plus fort que l'affaire Kerviel »

Nadia est cadre à la Société Générale dans le quartier d'affaires parisien de La Défense (Hauts-de-Seine). Elle relate ce qu'elle entend dans les couloirs de la banque : « On est en pleine crise, c'est une des semaines qui va rester dans les annales, comme ils disent. C'est même plus fort que l'affaire Kerviel. Ca vient s'ajouter, c'est l'accumulation. On attend de voir comment ça va se passer dans les prochains jours, ça va être déterminant. Pour l'emploi, il n'y a pas encore de peur, c'est plus pour les personnes qui ont investi dans le groupe, qui ont des parts. Il y a plein de restructurations, c'est plus de ce côté-là qu'il y a de l'inquiétude ».

Elle aussi cadre à la Société Générale, Marie se rend compte de la crise au quotidien dans la banque : « Notamment sur le budget qui est réduit, on ressent ça au quotidien. On nous demande de travailler plus, c'est quelque chose qu'on nous a demandé cette semaine, de produire plus. On associe ça à la crise. Mais il n'y a pas tellement de transparence... »

« Les CDI sont très atteints »

Et l'heure est à la vigilance dans les banques françaises. Une jeune employée de Natixis (dont l'action est tombée sous les 3 euros), qui veut rester anonyme, raconte que « dans le bureau, l'ambiance est un peu maussade, il y a un vent de panique générale. Les CDI sont quand même vachement atteints par le fait que l'action baisse énormément. On bénéficie d'actions Natixis, il y en a qui les ont achetées, donc le fait qu'ils les aient achetées à 20 euros, forcément... »

La rédaction et Nicolas Marsan