BFM Patrimoine

A l'occasion de son 150ème anniversaire, Solvay vous propose de découvrir son histoire à travers douze chroniques thématiques.

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Ce mois-ci, découvrez comment Solvay a su résister et se transformer malgré les grands événements qui ont marqué l'Histoire..  Chronique  #8 - Dans les méandres de la grande Histoire   Crises, guerres, révolutions : la traversée

Ce mois-ci, découvrez comment Solvay a su résister et se transformer malgré les grands événements qui ont marqué l'Histoire..

Chronique #8 - Dans les méandres de la grande Histoire

Crises, guerres, révolutions : la traversée du XXe siècle n'aura guère été de tout repos pour Solvay, confronté par sa dimension multinationale aux événements majeurs qui ont changé la face du monde. Ces expériences auront appris au Groupe à développer son agilité et à transformer des contraintes fortes en opportunités.

La grande dépression de la fin du XIXe siècle : une crise transformée en avantage

Dans les années 1870, éclate une première crise économique d'ampleur mondiale : les États adoptent une posture protectionniste, ferment leurs frontières aux entreprises exportatrices et relèvent leurs taxes douanières. Mais Solvay n'est pas touché. La raison ? Le groupe s'est internationalisé juste avant la dépression, en profitant du libéralisme économique ambiant et de l'absence d'entraves administratives. Au moment où les barrières douanières se ferment, ses filiales sont déjà dans la place, bien implantées sur leurs marchés nationaux.

Pavillon Solvay à l'exposition de Liège, 1905, par l'architecte Victor Horta. A cette époque, Solvay est déjà une multinationale prospère.

1914-1918 : premières pertes

La première guerre mondiale sonne le glas de l'Europe toute-puissante et de ses Empires. Après l'invasion de la Belgique par les troupes allemandes, le siège central de Solvay se trouve en territoire occupé. Implantées dans tous les pays belligérants, les filiales sont brusquement confrontées les unes aux autres et soumises à l'interventionnisme des États. Certaines usines voient une partie de leur main-d'oeuvre réquisitionnée. Partout, le défaut de matières premières et les difficultés à communiquer d'un pays à l'autre fragilisent l'empire Solvay. Lorsque la guerre cesse, le groupe dresse l'état des lieux : excepté quelques destructions, les sites ont été relativement préservés. Le plus grave est la confiscation des sites russes (Berezniki et Lysychansk) par les bolcheviques après la révolution d'octobre.

Usine de Château-Salins (Lorraine), bombardée en 1917.

Entre deux-guerres : un groupe sur la défensive

Commence alors une période d'intenses questionnements pour les dirigeants de Solvay : comment s'adapter aux reconfigurations géopolitiques et à la fin des Empires centraux ? Comment une multinationale doit-elle se comporter face à la multitude de nationalismes ? Comment faire face à la nouvelle puissance américaine et à ses groupes gigantesques ? La dépression économique de 1929 met un terme à ces tergiversations : Solvay se replie sur ses métiers historiques et investit dans un parc d'usines électrolytiques. Coupé de sa filiale américaine, le Groupe recentre son activité industrielle sur l'Europe continentale, au pire moment : nationalismes, fascismes, anarchismes et communismes montent en puissance et menacent les démocraties.

Seconde guerre mondiale : périls en la demeure

L'expansion allemande à partir de 1938 laisse les gouvernements et les industriels désorientés. En Autriche, Tchécoslovaquie, Pologne, Solvay & Cie voit ses sites mis en coupe réglée par l'Allemagne fasciste. Comme ils l'ont fait pour les filiales espagnoles en 1937, les gérants plaident leur cause auprès de la diplomatie belge pour garder un contrôle sur les usines, sans grand succès. Gérant en exil aux États-Unis, René Boël s'emploie à activer ses réseaux et à conformer les activités du Groupe aux règles mises en place par les Alliés. En Grande-Bretagne, l'entreprise, considérée comme propriété de l'ennemi, est particulièrement menacée. Boël mobilise ses partenaires d'ICI pour éviter que le capital de la filiale ne tombe sous le coup de la « Loi sur le commerce avec l'ennemi ». Parallèlement, il s'efforce d'obtenir la reconnaissance juridique de sa position de gérant de Solvay & Cie sur les territoires échappant à l'occupation allemande. Cela ne l'empêche pas de se projeter vers l'avenir : en partenariat avec ICI, Solvay & Cie démarre une usine au Brésil, un pays qui jouit alors d'une croissance vigoureuse. Grâce à cet exercice d'équilibrisme et de diplomatie, Solvay parvient à éviter l'effondrement de sa structure. Mais le pire reste à venir.

1945-1974 : à l'Est, rien ne va plus

À la sortie de la guerre, le monde se scinde en deux blocs. Fortement implanté à l'Est du rideau de fer, Solvay perd quinze usines, quasiment sans compensation. Une exception : Bernburg, la plus grande usine de Solvay avant guerre, sera récupérée pour un Deutschmark symbolique en 1991, deux ans après la chute du mur de Berlin. Le Groupe met le cap à l'Ouest, son nouvel horizon d'expansion.

La soudière de Bernburg est nationalisée en 1951 et rebaptisée « Sodawerke Karl Marx »

«Faire avec» la construction européenne

À partir de 1950, le processus de construction européenne est vécu par Solvay & Cie comme un véritable défi. Paradoxalement, la création d'un marché unique est loin d'avantager le groupe, qui tire sa force d'une présence dans de nombreux pays via des usines adaptées aux marchés locaux. Il faut réorganiser la production et restructurer le parc industriel. L'enjeu est vital : attirés par les opportunités offertes par le marché unique, de nouveaux concurrents pétrochimiques américains s'installent en Europe pour y construire des usines géantes. Se démarquer devient une nécessité : Solvay & Cie engage sa diversification, et mise, avec le succès qu'on sait, sur le plastique.

Garder son rang : le nouveau défi du monde moderne

Les débuts du XXIe siècle sont marqués par la perte d'influence de la « vieille Europe », confrontée à la montée en puissance de nouveaux acteurs sur tous les continents dits « émergents ». Multinationale expérimentée, Solvay a compris très tôt la nécessité d'accompagner ces régions en forte croissance, et surtout de se transformer pour garantir sa croissance dans un monde en mouvement permanent. C'est dans cette trajectoire que le groupe s'inscrit aujourd'hui.

1914-1918 : la Belgique sauvée de la famine

Le 4 août 1914, la Belgique, dont la neutralité avait été garantie par des traités internationaux, est envahie par les troupes allemandes. Le blocus allié menace le pays d'une famine de masse. Quelques industriels et hommes politiques créent le Comité National de Secours et d'Alimentation. Ernest Solvay, son principal soutien, en prend la présidence. Le comité parviendra à mettre en place, avec l'appui efficace de l'Espagne et des Pays-Bas, l'une des premières opérations humanitaires à grande échelle de l'histoire. Financé par des fonds publics et privés, l'approvisionnement en nourriture a véritablement sauvé de la famine et de la malnutrition la population belge et un nombre considérable d'habitants du nord de la France.

En savoir plus sur le 150ème anniversaire du Groupe ?

Rendez-vous sur www.solvay150.com

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[HUG#1725961]

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