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Marché des voitures de collection: les prix de folie, c'est fini

Les Ferrari, comme cette 288 GTO, font partie des supercars sur lesquelles la spéculation a été très importante des trois dernières années.

Les Ferrari, comme cette 288 GTO, font partie des supercars sur lesquelles la spéculation a été très importante des trois dernières années. - Ferrari

Après l’or, la pierre, le vin, les voitures de collection étaient la dernière mode en matière d’investissements. Mais cet engouement est en train de retomber, pour le bonheur des passionnés d’automobiles.

Acheter une Porsche Turbo et la revendre deux fois plus cher un an plus tard est un sport financier qui semble passé de mode. Alors que depuis 18 mois une bulle spéculative entourait le monde de la voiture de collection, les commissaires-priseurs comme les investisseurs sentent depuis quelques semaines un apaisement autour de la vente des plus beaux modèles de l’histoire automobile.

Un marché de collectionneurs

"Les investisseurs se sont éloignés, nous sommes désormais revenus à un marché majoritairement de collectionneurs, reconnait Pierre Novikoff, directeur adjoint chez Artcurial Motors. Aujourd’hui, à l’achat d’une voiture, on ne me pose plus la question: ‘Combien je pourrais la revendre dans un an?’". Un investisseur confie ainsi au quotidien anglais Daily Mail que, sur certains modèles très précis, les prix ont en conséquence baissé de 20%.

De l’autre côté de la Manche, une Porsche 911 (964) vendue ces derniers mois entre 50 et 60.000 livres ne se négocie plus qu’autour des 45.000 livres. "Beaucoup de gens sont encore prêts à acheter, mais ils estiment qu’ils ne veulent plus acheter avec des tarifs aussi élevés", confie ainsi au Daily Mail Bob Forstner, du Lamborghini Club UK.

Une baisse des prix pour un marché plus juste

Sur certaines sportives, le marché était devenu irrationnel, ne prenant plus en compte ni la rareté, ni l’état des voitures présentées à la vente. "Depuis 18 mois, le prix de certains modèles doublait tous les six mois, c’était irréaliste. Il n’y avait surtout plus de différence de prix sur un même modèle entre une version en très bon état ou une voiture dans un état moyen", David Novikoff. Comme avec la Ferrari Testarossa.

"Il y a quelques années, elle cotait autour de 40.000 euros, elle ne valait alors pas assez. Ces derniers mois, elle atteignait les 150.000 euros, c’était beaucoup trop. Aujourd’hui, elle se négocie environ 80.000 euros, un prix en rapport avec la valeur de cette voiture. Paradoxalement, après la flambée des prix, des collectionneurs sont alors plus enclin à l’acheter".

Des prix toujours élevés pour les modèles d'exception

Il ne faut cependant pas s’attendre à trouver une Lamborghini Countach, la voiture de Leonardo Di Caprio dans le film Le loup de Wall Street, à 100.000 euros. "Le marché des supercars restera assez haut", prédit Pierre Novikoff. Notamment parce que les investisseurs qui ont mis beaucoup d’argent dans ce type de voitures ne veulent pas renoncer à un bon retour sur investissement. Ils préféreront donc attendre pour vendre.

Boosté par l'arrivée des investisseurs ces dernières années, le marché des Young Timers, ces voitures des années 80/90, devrait lui aussi rester dynamique. Une Renault Clio Williams en très bon état avec très peu de kilomètres, mise en vente entre 20 et 30.000 euros, pourra ainsi se négocier bien plus cher.

Pauline Ducamp