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Stéphane Boujnah (Euronext): la flat tax a été une des réformes "les plus intelligentes" de Macron

Stéphane Boujnah

Stéphane Boujnah - -

Le prélèvement forfaitaire unique permet aux ménages "d'envisager de manière beaucoup plus positive (le fait) de prendre des risques en actions", assure le patron de la principale place boursière de la zone euro.

Surtout ne pas revenir en arrière. C'est le message ce lundi de Stéphane Boujnah, directeur général d'Euronext, sur BFM Business dans l'émission Good Morning Business. Pas question de revenir en arrière sur la réforme de la fiscalité du capital et notamment la partie qui concerne la taxation des revenus boursiers. Depuis janvier 2018 s'applique un prélèvement forfaitaire unique (PFU) aux dividendes des actions et aux plus-values de cession des valeurs mobilières. Cette "flat tax" est fixée à un taux de 30%.

"Ce qui a tué l'investissement en actions, notamment en actions directes, ça a été les lois de Finances de 2013 et notamment l'assimilation des revenus du capital aux revenus du travail, qui a été une catastrophe avec une fiscalité punitive dont on a payé les frais en stérilisation de l'épargne vers les marchés actions", assure Stéphane Boujnah.

"Une fiscalité qui ressemble à celle de nos voisins"

"Depuis, d'une part la réforme de l'ISF (transformé en impôt sur la fortune immobilière, NDLR) et d'autre part de manière beaucoup plus significative la mise en place du prélèvement forfaitaire universel (en réalité "unique", NDLR), on a une fiscalité qui ressemble à celle de nos voisins. On a une neutralité fiscale qui permet aux ménages d'envisager de manière beaucoup plus positive de prendre des risques en actions". Et de conclure : "Ça fait partie des choses les plus intelligentes qui ont été faites depuis trois ans".

Au début du mois, France Stratégie avait rendu un premier rapport d'évaluation sur la fiscalité sur le patrimoine, un an après la réforme voulue par le président de la République Emmanuel Macron. "En 2018, on observe une hausse de dividendes reçues par les ménages en France, assez importante", expliquait Fabrice Lenglart, président du Comité d'évaluation, sur le plateau de l'émission "12H, l'Heure H" sur BFM Business. "Cette hausse fait miroir avec une baisse qu'on avait observé, en 2013, au moment où le gouvernement précédent avait décidé d'imposer au barème progressif ces mêmes revenus de dividendes. A ce stade, le comité ne peut pas dire qu'il y a un rapport de causalité, mais le lien est plausible et il n'est pas négligeable."

Thomas Leroy