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Le taux du Livret A à 0,25% en février?

Le Livret A n'est plus le placement préféré des Français.

Le Livret A n'est plus le placement préféré des Français. - Joël Saget - AFP

Compte tenu de la baisse de l'inflation observé en 2014, le taux de rémunération du Livret A devrait être divisé par quatre dès le 1er février. Sauf si le gouvernement en décide autrement.

Sans surprise, l'inflation continue à reculer en France. Après avoir reculé de 0,2% en novembre, les prix à la consommation n'ont augmenté que de 0,1% en décembre, selon les chiffres de l'Insee publiés ce mercredi 14 janvier. Sur un an, l'inflation est désormais nulle si on exclut l'évolution des prix du tabac. Et cette nouvelle baisse par rapport à 2013 devrait logiquement impacter le taux de rémunération du Livret A.

Son taux est en effet actualisé deux fois par an: le 1er août et le 1er février, et c'est l'inflation mesurée par l'Insee qui sert de référence pour sa réévaluation. Ainsi au 1er août dernier, son taux était passé de 1,25% à 1%, le plus faible niveau jamais observé depuis sa création.

Si la formule mathématique servant à son calcul est respectée, le taux de rémunération du Livret A devrait mécaniquement passer à 0,25%. Christian Noyer en tant que gouverneur de la Banque de France est néanmoins libre de suivre cette règle ou d'y déroger. Le taux qu'il préconisera doit ensuite être avalisé par le ministre des Finances.

Tenir compte du pouvoir d'achat

Ainsi, en août 2014, alors que l'indice des prix (hors tabac) affichait une hausse sur 12 mois de 0,3%, Christian Noyer avait choisi de ne pas suivre la formule, recommandant au gouvernement de baisser la rémunération du placement à 0,75%, soit un peu plus que les 0,5% qu'il y aurait eu si la formule avait été appliquée stricto sensu.Le gouvernement n'avait pas osé aller aussi loin. Le taux n'avait été réduit que de 0,25 point.

Reste donc à savoir ce que Bercy va décider. Les banques poussent à une application stricte de la formule mathématique. Mais il est peu probable que le gouvernement ose prendre le risque politique de réduire de moitié la rémunération du livret A. On peut imaginer que la poire soit coupée en deux avec un taux à 0,75%. C'est en tout cas, le scénario sur lequel tablent de nombreux experts.

D'autant que même avec un taux bas, le Livret A reste un placement intéressant si on le compare au niveau de l'inflation. Par exemple, entre octobre 2011 et mars 2012, son taux atteignait 2,25%. Mais au même moment, l'inflation, elle, oscillait entre 2,3% et 2,5%, rendant ce placement finalement moins intéressant qu'aujourd'hui.

Une année de décollecte

Mais même si le gouvernement décide de ne pas appliquer la formule portant le taux du livret A à 0,25%, il est probable que les Français continuent à se détourner de cette épargne réglementée. En novembre, les détenteurs d'un Livret A ont d'ailleurs effectué davantage de retraits que de dépôts, à hauteur de 1,25 milliard d'euros, selon des données publiées par la Caisse des dépôts en décembre. Et ce pour le septième mois consécutif.

Sur les 11 premiers mois de l'année, la décollecte (la différence entre les retraits et les dépôts) s'est creusée pour s'établir en cumulé à 5,84 milliards d'euros. A moins d'un improbable retournement de situation, ce produit d'épargne - le plus répandu en France - va donc terminer l'année dans le rouge. Pareille situation s'était déjà présentée au cours de la dernière décennie, par exemple en 2005 où la décollecte avait atteint 3,43 milliards d'euros.

Néanmoins, il est important de rappeler que le Livret A conserve quelques avantages par rapport à d'autres produits d'épargne. Tout d'abord, les gains générés ne sont soumis à aucun prélèvement fiscal. De plus, il est possible de déposer ou de retirer de l'argent à tout moment sans aucun frais. Et enfin, les fonds du Livret A sont déposés auprès de la Caisse des dépôts et consignations. Et à ce titre, ils sont garantis par l'Etat.

Diane Lacaze