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Vidéo - Un nouveau PTZ pour aider les ménages modestes

Le nouveau PTZ est entré en vigueur au 1er janvier 2013.

Le nouveau PTZ est entré en vigueur au 1er janvier 2013. - -

Cécile Duflot se félicite de son nouveau prêt à taux zéro qui se veut "plus utile et plus efficace", même s'il ne fait pas l'unanimité...

Il faut se "recentrer sur les ménages modestes". Pour Cécile Duflot, l’aide au logement doit être "plus utile et plus efficace", a-t-elle expliqué dans une interview aux Echos, en kiosque ce jeudi 3 janvier. C’est l’objectif de son nouveau prêt à taux zéro (PTZ), entré en vigueur le 1er janvier.

Ainsi, le PTZ version 2013, réservé aux primo-accédants, change de sa version précédente. La plus élevée des six tranches de revenus, qui avait jusqu’alors droit au PTZ +, est supprimée. Cela a pour effet d’abaisser les plafonds de revenus. Alors qu’ils se situaient entre 26 500 euros et 43 500 euros en 2012, ils seront à présent compris entre 18 500 euros et 36 000 euros (en fonction des régions).

Par ailleurs, il était question d’une extension du PTZ dans l’ancien, mais finalement, cela n’est pas le cas. Le nouveau PTZ sert donc seulement à l’investissement dans le neuf.

Le mode de calcul du montant du PTZ + reste le même : c’est toujours un pourcentage du coût de l’opération réalisée.

Pour l’achat ou la construction d’un logement neuf :

En revanche, la durée de remboursement change. En 2012, celle-ci allait de 8 à 25 ans, selon les revenus et la composition du ménage. La version 2013 du PTZ + permet aux deux tranches les plus modestes de compter sur un différé total en début de prêt.

Cela signifie qu’ils ne commenceront à rembourser leur PTZ + qu’après plusieurs années (14 ans pour la tranche 1 et 5 ans pour la tranche 2). L’objectif étant de faciliter les projets immobiliers des ménages à faibles revenus.

Seulement 55 000 ménages concernés

Cécile Duflot se montre confiante dans l’efficacité de son nouveau dispositif. "Preuve de la pertinence de ce nouveau dispositif, tous les acteurs du logement y adhèrent : pour la première fois, la réforme du PTZ a été approuvée à l'unanimité par le Conseil national de l'habitat", souligne-t-elle dans son entretien.

Ce qui n’empêche pas les critiques sur la faiblesse de sa portée :ce PTZ ne devrait concerner que 55 000 ménages contre 70 000 en 2012.

De plus, la Fédération des promoteurs immobiliers le jugent insuffisant. "Les principes de l’évolution du prêt à taux zéro s’inscrivent dans des orientations que la FPI considère comme indispensables. En revanche, il est à craindre que ce nouveau cadre soit insuffisant pour soutenir l’accession à la propriété, notamment l’accession sociale ou celle des classes moyennes".

Selon la Fédération, la restauration d’un différé d’amortissement va dans le bon sens "mais le dispositif mis en place est à la fois trop timide (un différé limité aux deux premières tranches) et trop restrictif (trop court pour la deuxième tranche) pour être réellement efficace ; les plafonds de ressources, en baisse de 17 % à 30 % par rapport au dispositif antérieur, risquent d’écarter de nombreux ménages modestes, pourtant solvables, de la primo-accession."

Pour Sébastien de Lafond, président de Meilleursagents.com, "ces coups de matraques fiscaux sur l’immobilier sont en train de resserrer la fluidité du marché et l’argent qu’on voulait gagner, au niveau des collectivités locales et l’état, on va pas le gagner".

Diane Lacaze