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Si votre gérant de fonds a une Maserati, ce n'est pas bon signe

Maserati Automotive

Maserati Automotive - Une Maserati GranTurismo MC Stradale (image d'illustration)

Selon une étude menée par trois chercheurs, les gérants qui possèdent des voitures de sport ont davantage tendance à prendre des risques ou à adopter des comportements frauduleux. Sans que cela soit payant.

Vous voulez confier votre argent à un gérant de fonds réputé pour le faire fructifier. Vous constatez qu'en dehors de son sourire éclatant et de son costume impeccable, il pilote une Ferrari, une Maserati ou une Dodge Viper. "Si ce professionnel de la finance peut acquérir un si beau véhicule, c'est qu'il a des moyens et donc indirectement de bonnes performances", pensez-vous. Erreur.

Du moins si l'on en croit cette étude quelque peu insolite rédigée par trois chercheurs des universités de Miami et Singapour et publiée le 8 décembre dernier. Selon ce document, repéré par Bloomberg, les gérant de fonds (notamment de hedge funds, ces fonds qui adoptent des stratégies risquées pour générer de la rentabilité) qui conduisent des voitures de sport ont tendance à prendre beaucoup plus de risques.

En effet, ces gérants qui possèdent des grosses cylindrées effectuent des placements qui sont 16,6% plus volatiles (c'est-à-dire plus risqués) que ceux du plus prudent manager de fonds qui opte pour une voiture plus "fonctionnelle", comme une Audi A5.

Des performances moins bonnes

Certes, on pourrait avancer qu'après tout le métier de banquier est justement de savoir prendre des risques pour réussir à mieux faire fructifier votre argent. Sauf que leurs performances ne sont pas si mirobolantes.

"Nous observons qu'en dépit de plus grandes prises de risques, les gérants de fonds qui achètent des voitures de sport ne récoltent pas de meilleur retour sur investissement que ceux qui optent pour des voitures sans sensation forte", écrivent les auteurs qui se sont basés sur des véhicules possédés par plus de 1.140 gérants entre 1990 et 2012.

Les chercheurs ont pris comme mesure de référence le ratio de Sharp, un outil de performance qui mesure la rentabilité générée par rapport aux risques encourus. Et ils se sont aperçus que plus on augmente la puissance du moteur du gérant de fonds, plus ce ratio est faible.

Des plus grands fraudeurs

Ces différences de comportement, expliquent les auteurs, ne sont pas dues à d'autres caractéristiques comme l'âge, les chercheurs ayant fait les tests statistiques pour s'assurer que ces facteurs ne jouent pas.

Par ailleurs, non seulement les gérants qui ont soif d'adrénaline ont tendance à prendre plus de risques, mai ils auraient également, selon l'étude, une plus grande proportion à adopter des comportements frauduleux et à clôturer leurs fonds. 

Vous voilà donc prévenu.

Julien Marion