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Saint-Gobain mise sur la rénovation énergétique des bâtiments pour confirmer une reprise "forte" dans le BTP

Sur BFM Business, Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain, souligne l'enjeu stratégique du plan pour la rénovation des bâtiments voulu par le gouvernement. Mais il faudra que les bonnes incitations soient mises en place.

L'optimisme est au rendez-vous chez Saint-Gobain. A l'arrêt pendant le confinement, le secteur du BTP redémarre et redémarre fort, selon le PDG du groupe spécialisé dans les matériaux de construction, Pierre-André de Chalendar, qui était invité ce jeudi sur BFM Business.

"On a un effet rattrapage. La reprise est très forte. On a retrouvé les niveaux de l'année dernière et je pense que l'on aura un très bon troisième trimestre", souligne-t-il.

Et "à partir de l'année prochaine, des perspectives excellentes pour le secteur du bâtiment (avec) le plan important pour la rénovation énergétique des bâtiments". Un plan qui fait partie des propositions de la Convention citoyenne sur le climat retenues par le gouvernement dans le cadre de son plan de relance.

La piste des certificats d'énergie

La rénovation énergétique, "c'est des emplois locaux, une activité industrielle locale, c'est une réduction des consommations d'énergie et donc une réduction des importations... Ca coche toutes les cases de la relance", insiste Pierre-André de Chalendar.

"Mais ça n'arrivera pas tout seul, donc il faut que la puissance publique s'en occupe". D'où l'importance de proposer les bonnes incitations, les bonnes aides. "Il faut un volet incitatif plus important".

"Il y a plusieurs instruments, il y a un instrument qui fonctionne bien en France qui sont les certificats d'économie d'énergie", poursuit le responsable. "C'est donc les entreprises énergétiques qui doivent collecter des certificats. Ca permet de financer des travaux pour les particuliers".

Tripler les rénovations de logements

Pierre-André de Chalendar souhaite également le maintien des primes pour les foyers les plus modestes, "sans reste à charge" et le retour d'un "élément incitatif pour ceux qui font le plus de travaux, les ménages" faisant partie des 20% les plus riches. Par ailleurs, "il faut favoriser la rénovation globale (...)", plus efficace selon lui, même si elle est plus chère.

En tout cas, le potentiel de ce plan est énorme: "aujourd'hui, on rénove de l'ordre de 300.000 (logements, NDLR) par an. Il faut, pour être en ligne avec les objectifs climat, multiplier ça par trois. Ca ne va pas se faire du jour au lendemain mais il faut le faire progressivement".

"Les industriels sont prêts", estime le dirigeant "même s'il va falloir former beaucoup plus. (...) C'est le moment de reconvertir toute cette filière du bâtiment vers la rénovation".

Olivier Chicheportiche