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"Réinventer Paris": les architectes évincés ne seront pas payés

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- - La Ville de Paris a fait preuve de "cynisme" en n'imposant pas de règles lors de son appel à projets innovants "Réinventer Paris" dans le cadre duquel "la plupart des équipes" ont travaillé sans être rémunérées, accuse la présidente du Conseil national de l'ordre des architectes (Cnoa).

L'appel à projets urbains innovants lancé par la Mairie de Paris suscite la colère des architectes, qui accusent la Ville  de "cynisme", alors que "la plupart des équipes" ont travaillé sans être rémunérées.

Une semaine après l’annonce des lauréats, des voix s’élèvent contre le concours d’architecture "Réinventer Paris", à l’issue duquel 22 projets ont été retenus sur un total de près de 400 candidatures. La présidente du Conseil national de l'ordre des architectes (Cnoa) accuse la Ville de Paris de "cynisme", alors que "la plupart des équipes ont travaillé sans être rémunérées".

Anne Hidalgo a lancé en 2014 un grand concours de projets innovants pour aménager 22 sites dans la capitale, afin de changer le visage de Paris. Les vainqueurs ont été dévoilés mercredi 3 février 2016. Parmi eux, le projet "Mille arbres" s'est distingué. Imaginé par deux architectes, le Japonais Sou Fujimoto et le Français Manal Rachdi, il prévoit la construction d'un petit village flottant au-dessus du périphérique.

"Des milliers de gens ont travaillé pour rien", s'émeut Catherine Jacquot dans un entretien à l'hebdomadaire Télérama. Car dans ce genre de concours, il y a des règles à respecter. Habituellement, les équipes finalistes sont payées à hauteur de 80% de la mission réalisée, "il s'agit de ce qu'on appelle un avant-projet sommaire qui aborde déjà beaucoup de précisions et intentions".

Les architectes "n'ont plus que leurs yeux pour pleurer"

"Pour un bâtiment de 20.000 m², ce sont des mois de boulot et des dizaines de milliers d'euros", a fustigé la présidente du Cnoa. Selon elle, les 75 finalistes de "Réinventer Paris" ont produit "l'équivalent d'un avant-projet détaillé, sans aucune garantie de toucher quoi que ce soit". Ceux qui n'ont pas été choisis "n'ont plus que leurs yeux pour pleurer".

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Julien Mouret avec AFP