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Les Français n'ont jamais autant acquis de logements sur un an

Les notaires ont enregistré le "niveau historique" de 907.000 transactions en 12 mois à fin mai.

Les notaires ont enregistré le "niveau historique" de 907.000 transactions en 12 mois à fin mai. - Eric Piermont - AFP

Le marché immobilier ancien a battu tous les records au printemps en enregistrant 907.000 transactions entre fin mai 2016 et fin mai 2017. Un "niveau historique", selon les chiffres publiés jeudi par les notaires de France.

Les Français n'ont jamais autant acquis de logements anciens. Selon la dernière note de conjoncture des notaires de France, 907.000 transactions ont été enregistrées en douze mois à fin mai, grâce à des taux de crédit toujours très bas. C'est nettement plus que les 824.000 ventes d'appartements et maisons comptabilisés un an plus tôt sur la même période.

"Il n'y a pas pénurie de biens à vendre, mais des biens qui trouvent preneur très rapidement", et les transactions se font souvent "sans négociation, tirant les prix vers le haut", ont souligné les notaires. Au premier trimestre, les prix des logements anciens ont augmenté de 2,7% sur un an, selon l'indice Notaires de France-Insee.

Les prix des appartements anciens ont ainsi grimpé de 15,5% à Bordeaux (à 3550 euros le mètre carré en moyenne), de 8,5% à Lille (2970 euros) ou encore de 5,5% à Paris (8450 euros), comparé à la même période de 2016. Ils ont en revanche reculé de 9,4% à Clermont-Ferrand (1600 euros le m²), de 5,4% à Amiens (1830 euros) et de 4,7% à Metz (1570 euros).

"Les envolées de prix dans certaines agglomérations doivent alerter", estiment les notaires, qui tablent sur une poursuite de cette remontée au vu des avant-contrats conclus dans toute la France. A fin août, les prix devraient avoir progressé de +4% pour les appartements anciens et +1,2% pour les maisons anciennes.

Pas d'effet de bulle

Ces professionnels ne constatent toutefois pas "d'effet de bulle" car les ventes sont très majoritairement réalisées par des ménages souhaitant se loger, et non par des investisseurs souhaitant placer des fonds. Ils estiment que le marché immobilier ancien est plutôt "dans une phase de rattrapage des ventes non réalisées les années précédentes". 

Et si jusque-là, la "hausse fulgurante" du nombre des crédits immobiliers a été artificiellement gonflée par des rachats d'anciens crédits aux taux moins favorables, ces derniers diminuent aujourd'hui, observent-ils. La part des renégociations dans les volumes de nouveaux crédits consentis aux ménages par les banques est tombée à 42% en mai contre 62% en janvier, selon la Banque de France.

Les taux de crédit immobilier demeurent bas et "on peut imaginer que tant qu'ils ne remonteront pas fortement, suffisamment pour frapper les esprits en tout cas, la mécanique actuelle ne sera pas cassée". Malgré la hausse des prix, les taux bas continuent à solvabiliser les acquéreurs: ils se sont établis à 1,56% en moyenne au deuxième trimestre, selon l'observatoire Crédit Logement/CSA.

J.Mo. avec AFP