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Immobilier: faut-il s'attendre à une baisse des prix en 2020?

Jean-François Humbert, président du Conseil Supérieur du Notariat, était invité sur le plateau de 12H, l'Heure H, pour revenir sur l'année record en matière de transactions immobilières. Et de rappeler qu'une remontée des taux pourrait aussi provoquer une crise.

1.060.000 transactions en 2019… L'immobilier ne connait pas (encore) la crise puisqu'un peu plus de 3% du stock des logements en France ont changé de propriétaire cette année. Un record !

Bien aidés par les baisses de taux, les prix ont donc explosé dans les zones les plus prisées. "Sur les dix dernières années, il y a des augmentations très importantes dans le trio de tête (Paris, Lyon et Bordeaux) avec, sur 10 ans, plus de 60% d'augmentation des prix sur Paris et Lyon" explique Jean-François Humbert, président du Conseil Supérieur du Notariat, sur le plateau de 12H, l'Heure H. "Et Bordeaux, c'est plus extraordinaire encore : +80% d'augmentation des prix, ce qui fait qu'aujourd'hui, Bordeaux est aussi cher que Lyon." En 2019, "on sera sur une augmentation des prix entre 2% et 6%" souligne-t-il.

Jusqu'à quand une telle inflation ? "La vraie question que nous nous posons: est-ce que c'est significatif d'une bulle? Est-ce qu'il y a une spéculation? Et donc est-ce qu'il y a une crainte pour l'avenir ?" poursuit Jean-François Humbert. "Ce que nous constatons actuellement, c'est qu'il s'agit très largement d'un marché d'investisseurs de long terme" indique-t-il. "Les placements en banque ne sont pas rentables. Et donc un grand nombre de personnes préfèrent se placer sur l'immobilier pour avoir un capital que l'on estime stable, tout au moins sur le long terme et pour avoir un rendement (…) qui reste supérieur" aux placements classiques.

"Sélectionnez, retenez des biens de qualité"

Des investisseurs de long terme, cela ne ressemble donc pas à une bulle spéculative "Nous ne constatons pas aujourd'hui d'achat pour revendre" insiste le président du Conseil Supérieur du Notariat.

Les prix ne devraient d'ailleurs pas fléchir en 2020. "La banque centrale européenne (BCE) par la voix de sa nouvelle présidente, a fait savoir qu'elle ne reviendrait pas sur la pratique des taux extrêmement bas. Ce qui signifie que raisonnablement, on peut penser qu'en 2020, les taux restant ce qu'ils sont – même s'ils devaient légèrement évoluer – très vraisemblablement, nous n'aurons pas de changement à la baisse du marché immobilier" explique Jean-François Humbert. "Après 2020, tout dépendra de la politique de distribution du crédit. Si les taux d'intérêts devaient remonter, si la distribution des prêts devait être ralentie, là nous pourrions avoir un marché qui pourrait même rentrer en crise."

Face à ce risque, le notaire conseille les nouveaux acquéreurs: "soyez extrêmement attentifs à ce que vous achetez. Sélectionnez, retenez des biens de qualité de façon à ce que vous en subissiez pas une perte en capital" souligne-t-il.

Thomas Leroy