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Des banques en manque d’emprunteurs sur l'immobilier

Le nombre de demandes de crédit immobilier avec un compromis de vente déjà signé a baissé de 18 % sur un an

Le nombre de demandes de crédit immobilier avec un compromis de vente déjà signé a baissé de 18 % sur un an - -

Malgré des taux immobiliers toujours plus bas, le nombre de demandes de crédit immobilier recule. Et les futurs acheteurs, inquiets, préfèrent emprunter sur des durées plus courtes.

Des banques à la recherche d’emprunteur? Une idée qui a de quoi étonner, pourtant c’est le constat que pourraient bientôt faire les professionnels de l’immobilier.

Le courtier en ligne, Meilleurtaux.com, constate en effet qu’après dix mois de baisse, les taux de crédit immobilier atteignent aujourd’hui leur plus bas niveau historique. Depuis le début de l’année, les taux fixes de crédit ont chuté de près de 0,7 point.

Pourtant, paradoxalement, l’attentisme demeure. Les clients, malgré ces taux bas, ne se sont pas précipités pour acheter. Au 1er trimestre 2012, le nombre de demandes de crédit immobilier avec un compromis de vente déjà signé a baissé de 18 % sur un an. Un constat établi également par Jacques Fournier, directeur général des statistiques de la Banque de France, "à 74 milliards d'euros sur les 9 premiers mois de l'année, la production de nouveaux prêts à l'habitat, demeure sensiblement plus faible qu'en 2011".

Même les profils des emprunteurs a légèrement changé. Meilleurtaux remarque que la part des emprunteurs faisant une demande de crédit sans apport a reculé de 43% à 41%. Et les clients préfèrent désormais des durées plus courtes. "Seulement 13,8 % des demandes portent sur des prêts sur 30 ans en octobre, contre près de 15 % en janvier, et la durée moyenne sollicitée a baissé de plus d'un an à 244 mois contre 259 en janvier", peut-on lire dans leur communiqué.

Des critères d'octroi pas durcis

Des conditions d’octroi de crédits durcies pourraient être l’explication? Visiblement pas. "Compte tenu du contexte économique et de la hausse du chômage, les emprunteurs comme les banques sont plus prudents. Mais du côté de ces dernières, nous n'observons pas de réel durcissement des critères d’octroi. Contrairement aux idées reçues, les exigences des banques sont restées assez stables", constate Hervé Hatt, directeur général de Meilleurtaux.com.

Ce que recherche les banques: couples en CDI, jeunes, avec 10 % d’apport : possibilité d’accompagner le client durant tout son cycle de vie financier et volonté de l’équiper : livret épargne pour les enfants, assurances diverses, assurance vie…

Des incertitudes sur le dynamisme du marché qui pourraient donc se poursuivre dans un contexte où, selon Jacques Fournier, "l'offre immobilière est insuffisante pour répondre au double défi français : une démographie plus dynamique qu'ailleurs (2,03 enfants par femme contre 1,39 en Allemagne ou 1,38 en Espagne) et une concentration géographique plus marquée que dans les autres pays européens".

Néanmoins, il reste confiant pour 2013. "La politique monétaire actuelle favorise largement la distribution de crédits, notamment à l'habitat. D'autre part, la réglementation Bâle 3 contribue à la baisse du coût du crédit, car en confortant encore la solidité des banques, elle leurs permet de se refinancer sur le marché à de meilleures conditions".

Diane Lacaze