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Ce qui vous pousse à partager (ou non) les revenus de votre couple

Les couples mariés mettent souvent en commun leurs ressources.

Les couples mariés mettent souvent en commun leurs ressources. - Kauai- Flickr - CC

En France, 6 couples sur 10 mettent en commun leurs revenus. C'est un peu moins que dans les autres pays européens. Le mariage, les enfants mais aussi les divorces sont autant de raisons qui incitent les ménages soit à faire compte à part, soit à mutualiser leurs ressources.

Partagez-vous tous vos revenus avec votre tendre moitié? Si oui, rassurez-vous, vous êtes dans la norme. Selon une étude de l'Insee incluse dans le portrait social de la France, dévoilée ce mercredi 4 novembre, entre 70 et 75% des couples européens mutualisent leurs salaires ou leurs pensions de retraite et les gains qu'ils tirent de leurs divers placements.

La France se situe néanmoins largement sous ce chiffre (63%). Elle est le troisième pays où ce pourcentage est le plus faible, derrière la Finlande (52%) et l'Autriche (63%). Alors qu'à l'inverse, ce taux avoisine ou dépasse les 90% dans les pays d'Europe du Sud (Italie, Espagne, Portugal) et en Pologne. La plupart des autres pays européen sont eux dans la moyenne (entre 70 et 80%).

L'Insee ne donne pas précisément de raisons expliquant ces disparités. Elle précise néanmoins que "dans les pays du Sud et en Pologne", "la mise en commun totale (des revenus) semble s'imposer comme une norme de vie en couple".

Enfant et mariages comme liens financiers

En revanche l'institut de conjoncture donne plusieurs facteurs qui poussent les Européens à mettre en commun leurs ressources. Et, globalement, ils ont à peu près le même effet dans tous les pays de l'UE. Tout d'abord les auteurs de l'étude remarquent que les couples mariés ont tendance à mettre davantage leur argent en commun.

La proportion de ceux qui partagent tous leurs revenus est ainsi "beaucoup plus élevé" que celle des ménages qui ne se sont pas dit "oui" en mairie. Il s'agit, selon les auteurs, du facteur qui joue le plus dans la quasi-totalité des pays.

Deuxième facteur: la présence d'un enfant dans le couple. Compter au moins un enfant à charge rend la mise en commun des ressources plus fréquente, et ce aussi bien chez les couples mariés que non mariés.

A l'inverse, les couples dont au moins des conjoints a divorcé sont moins enclins à partager. Chat échaudé craint en effet l'eau froide. "L'expérience d'une union précédente qui ne s'est pas avérée durable peut rendre les conjoints moins confiants dans la stabilité du lien conjugal", notent les auteurs de l'étude.

Le "domaine" des femmes

D'autres raisons plus propres aux membres du couple eux-mêmes sont évoquées. Ainsi, si un seul membre seulement travaille, les conjoints sont bien plus enclins à partager leurs revenus que si les deux sont dans la vie active. Par ailleurs, plus les deux membres ont un niveau d'étude élevé, plus ils sont susceptibles de séparer leurs revenus. Logique: dans ce cas de figure les deux membres sont censés être dans la vie active avec des revenus élevés. "Par ailleurs, pour les couples dont les revenus sont très faibles, mettre en commun les revenus s'impose comme une nécessité", indique l'Insee.

L'étude de l'institut de conjoncture permet également de voir comment les couples partagent leurs décisions. Ainsi pour les dépenses jugées "importantes" (les biens durables, les achats immobiliers), l'équilibre domine. L'homme comme la femme donnent leur avis. Il en est de même pour les dépenses liées aux enfants.

En revanche, pour ce qui est des dépenses de la vie courante, monsieur comme madame s'accordent à dire que celles-ci sont largement "le domaine" des femmes.