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À Paris, on peut (enfin) construire des logements sur les toits

Grâce à un changement de la réglementation, plus de 9.000 immeubles à Paris sont aujourd'hui éligibles à la surélévation, selon l'Atelier Parisien d'Urbanisme. De quoi ravir les promoteurs immobiliers, mais également les copropriétaires, qui pourraient y voir un réel intérêt financier.

Paris manque de logements et de terrains pour construire. Alors pourquoi ne pas rehausser les immeubles de quelques étages? On estime que 30.000 à 40.000 logements seraient immédiatement constructibles sur les toits des immeubles. L'idée n'est pas nouvelle mais a été peu à peu abandonnée compte tenu des obstacles réglementaires. Sauf que les choses sont en train de changer et que les promoteurs immobiliers repartent à la conquête de ce foncier aérien.

En effet, une nouvelle législation a levé les principaux freins en introduisant des dérogations. Résultat, d'après le très sérieux Atelier Parisien d'Urbanisme, plus de 9.000 parcelles sont aujourd'hui éligibles à la surélévation dans la capitale, soit 12% de l'ensemble des parcelles parisiennes.

Cela représente, selon les professionnels, 3 à 4 logements par opération. Mais surélever un immeuble n'est pas si simple. L'initiative vient essentiellement de la copropriété, qui peut y trouver un réel intérêt financier. En fait, elle va vendre au promoteur son "droit à construire résiduel", avec à la clé plusieurs centaines de milliers d'euros à répartir entre les différents propriétaires.

De son côté, le promoteur prend en charge les travaux et la vente des nouveaux lots. Pas de travaux à financer pour les copropriétaires, mais de l'argent sonnant et trébuchant totalement exonéré d'impôts. Autre élément intéressant: il faut s'attendre à terme à une baisse des charges puisque le nombre de propriétaires augmentant, on les divisera en plus de parts.

8 étages supplémentaires

Les copropriétaires ont donc un réel intérêt à tenter la surélévation de leur immeuble, étant entendu que le promoteur qui sera contacté devra d'abord évaluer la faisabilité technique de la chose. Néanmoins, il y a encore des obstacles.

Dernier exemple en date dans le 15ème arrondissement, au 272 rue de Vaugirard, où se trouve un bâtiment des années 1930 d'un seul étage et qui abrite uniquement un supermarché. Un promoteur veut le surélever de 8 étages supplémentaires pour y construire...

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Marie Coeurderoy édité par J.Mo.