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Réformes : Edouard Philippe veut rassurer les Allemands

Edouard Philippe est d'abord allé à la rencontre de lycéens à Bonn avant de dîner avec des chefs d'entreprise à Cologne.

Edouard Philippe est d'abord allé à la rencontre de lycéens à Bonn avant de dîner avec des chefs d'entreprise à Cologne. - OLIVER BERG / DPA / AFP

Edouard Philippe s'est rendu en Allemagne ce jeudi pour discuter avec des jeunes mais aussi des chefs d'entreprise. Objectif de la visite : « expliquer » les réformes à venir en France et rassurer les Allemands sur la volonté de les mener à bien, malgré la crise des "gilets jaunes".

Le gouvernement a "la volonté résolue de poursuivre les réformes car l'immobilité serait probablement le plus grand risque", a assuré jeudi soir Edouard Philippe lors d'un dîner réunissant des chefs d'entreprise à la chambre de commerce et d'industrie de Cologne. Malgré les images "choquantes" et d'une "grande violence" venues de France qui ont fait le tour du monde, le chef du gouvernement a décrit une France "sur la bonne voie" d'un point de vue économique. "Est-ce assez rapide? Probablement pas. Est-ce que ces mesures suscitent l'enthousiasme? Pas complètement", a-t-il euphémisé, alors que l'exécutif est au plus bas dans les sondages.
Le mouvement des "gilets jaunes", a déjà contraint l'exécutif à dépenser plus de 10 milliards d'euros et gonfler le déficit 2019 au delà de la barre européenne des 3%, pour calmer la fronde. Il suscite aussi de grands doutes en France et à l'étranger sur la capacité du président Macron à sortir de l'ornière et poursuivre sa ligne de "transformation".

Le charme est rompu 

Quand Angela Merkel avait reçu Emmanuel Macron fraîchement élu à Berlin, la chancelière allemande avait paraphrasé l’écrivain Hermann Hesse : « Au début de toute chose, il y a un charme » avait-elle déclaré, « mais pour que le charme demeure, il faut qu’il y ait des résultats à la clé. »

Pour certains à la chancellerie, le charme est aujourd’hui rompu et la France se trouve toujours « dans la même situation que l'Allemagne avant les réformes Schröder du marché du travail » affirme une source gouvernementale allemande citée par l’AFP. « Nicolas Sarkozy en son temps avait dit à l'époque qu'il ferait des réformes s'il était élu président, il a vite rebroussé chemin face à la résistance de l'opinion. François Hollande n'a même pas essayé. Emmanuel Macron a essayé mais il rencontre des difficultés en raison d'erreurs sur la manière de les mener », juge ainsi cette même source.

Ambitions réformatrices intactes

Mais d'autres veulent encore croire aux ambitions réformatrices de Paris. « Certes, le doute revient » admet Frank Baasner, directeur de l’Institut franco-allemand de Ludwigsburg. « Mais beaucoup d’Allemands gardent encore l’espoir que le gouvernement français tiendra bon et poursuivra ses réformes, car c'est de toute façon la seule solution pour continuer à travailler ensemble ».

Ce jeudi soir à Cologne, devant les chefs d’entreprise réunis pour le dîner annuel de la Chambre de commerce et d'industrie locale, Edouard Philippe a cherché à convaincre que ces ambitions réformatrices sont toujours intactes et que l’exécutif compte bien achever la transformation promise lors de la campagne et au début du quinquennat. Il a notamment cité plusieurs progrès de notre économie. D'abord la croissance, plus totalement à la traîne de celle de nos voisins, ensuite le chômage qui baisse timidement, les investissements internationaux toujours en croissance et enfin le solde désormais positif entre ouvertures et fermetures de sites industriels, une première depuis bien longtemps.