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Pessimiste, Fitch confirme la note de l'Italie à "BBB"

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- - MIGUEL MEDINA / AFP

L'agence de notation confirme la note souveraine de l'Italie à "BBB", avec perspective négative.

Fitch n'est pas très optimiste pour l'avenir économique de l'Italie. L'agence confirme la note souveraine de l'Italie à BBB avec une perspective négative. Elle souligne les incertitudes de la ligne politique et économique de la coalition au pouvoir.

L'agence met en avant l'ampleur de la dette publique, une croissance à l'arrêt et les incertitudes entourant la politique économique et budgétaire. « Les tensions politiques dans la coalition et la possibilité d'élections anticipées ajoutent de l'incertitude à la politique budgétaire et économique » estime Fitch qui évoque « les grandes différences idéologiques entre le Mouvement Cinq Etoiles et la Ligue ».

L'agence n'est d'ailleurs pas très optimiste sur l'avenir du gouvernement, et dit s'attendre à ce qu'il n'aille pas au terme de son mandat. Elle estime que les différences au sein de la coalition et l'absence d'un agenda de politique économique contribuent à l'incertitude des investisseurs.

Fitch avait abaissé la perspective de la note italienne de stable à négative en août dernier en disant s'attendre à un relâchement de la discipline budgétaire de la part du gouvernement de coalition au pouvoir.

Ce vendredi, les investisseurs se sont montrés prudents dans l'attente du verdict de l'agence de notation, délaissant le taux d'emprunt italien au profit de ceux des autres pays européens. « "L'Italie a un peu souffert en amont de la décision de Fitch, les investisseurs se positionnent en anticipant une dégradation de sa note », avait commenté auprès de l'AFP Cyril Regnat, un analyste obligataire de Natixis.

Des indicateurs économiques peu encourageants

La trajectoire budgétaire de l'Italie continue d'inquiéter, en particulier après la publication cette semaine d'une série d'indicateurs économiques peu encourageants. « Les investisseurs ont fait preuve d'aversion au risque, ils ont privilégié tout ce qui n'était pas l'Italie », avait précisé Cyril Regnat.

Ce sentiment a un peu profité aux taux d'emprunt des pays les plus solides de la zone euro, l'Allemagne et la France, mais aussi à ceux de l'Espagne et du Portugal. Pour l'Italie, le taux à dix ans est légèrement monté à 2,847% contre 2,833%.

L'Italie est tombée en récession à la fin de 2018 et la Commission européenne prévoit désormais une croissance de 0,2% seulement cette année, contre 1.2% prévu en novembre.

Un ralentissement qui risque bien de compromettre l'objectif fixé pour le déficit budgétaire italien: 2,04% du PIB, résultat d'un compromis difficilement obtenu avec la Commission européenne en décembre dernier.

Sandrine Serais