BFM Business

Ouragan Sandy : deuxième catastrophe naturelle la plus coûteuse de l'histoire des Etats-Unis

L'ouragan Sandy aurait fait pas moins de 80 milliards de dollars de dégâts

L'ouragan Sandy aurait fait pas moins de 80 milliards de dollars de dégâts - -

Alors que l’assureur AIG estime à 1,3 milliard de dollars ses pertes, la Maison Blanche demande une rallonge budgétaire de plus de 60 milliards de dollars.

Sandy continue à faire peur. Plus d’un mois après le passage de l’ouragan aux Etats-Unis, c’est l’heure des comptes et ils sont salés.

Alors que l’assureur américain AIG a annoncé vendredi 7 décembre qu'il estimait à environ 1,3 milliard de dollars ses pertes après impôts liées à l'ouragan Sandy, (avant impôts, cela représente une perte de 2 milliards de dollars), la Maison Blanche a demandé au Congrès une rallonge budgétaire de plus de 60 milliards de dollars en faveur des régions du nord-est des Etats-Unis.

"Tout compris (...) Sandy va sans doute devenir la deuxième ou troisième catastrophe naturelle la plus coûteuse de l'histoire des Etats-Unis", a expliqué le directeur adjoint du bureau du budget de la Maison Blanche, Jeffrey Zients, dans une lettre adressée au président de la Chambre des représentants, John Boehner.

Dégâts estimés à 80 milliards de dollars

Cette somme, si elle est approuvée par les élus, permettra de "reconstruire mieux et de façon plus solide qu'auparavant" les zones affectées, ont assuré ces gouverneurs, Andrew Cuomo pour New York et Chris Christie pour le New Jersey, dans un communiqué conjoint

Le 29 novembre, un mois tout juste après le passage de Sandy, les dégâts pour les trois Etats les plus touchés avaient été estimés à plus de 80 milliards de dollars. Le gouverneur du Connecticut avait demandé 3,2 milliards au gouvernement fédéral, après que Chris Christie eut évoqué le chiffre de 36,9 milliards et que Andrew Cuomo eut parlé de 41,9 milliards.

Sandy a fait 110 morts et endommagé plusieurs centaines de milliers de logements et d'entreprises, ainsi que des infrastructures.

Spectre du "fiscal cliff"

La demande de la Maison Blanche risque toutefois d'intervenir à un moment compliqué. Le président démocrate Barack Obama est en effet en train de négocier avec ses adversaires républicains, qui dominent la Chambre, un accord pour éviter l'entrée en vigueur automatique le 2 janvier de coupes dans les dépenses et d'une hausse généralisée des impôts, un "mur budgétaire" dont des économistes craignent qu'il provoque une rechute dans la récession.

Les républicains refusent une hausse des taux d'imposition pour les plus riches, et exigent des coupes drastiques dans les dépenses face à un déficit qui a dépassé les 1 000 milliards lors des quatre derniers exercices budgétaires.

Le chef de la commission de la Chambre chargée d'approuver les dépenses, le républicain Hal Rogers, a promis d'"examiner en profondeur" la demande de l'exécutif.

"Il est extrêmement important que le Congrès assume ses responsabilités vis-à-vis des personnes, familles, entreprises et collectivités touchées par l'ouragan Sandy", a affirmé Hal Rogers.

Mais, a-t-il noté, "il nous faut aussi nous assurer que les victimes de cette tempête bénéficient du meilleur rendement possible des dollars dépensés, en cette période de budgets serrés".

Diane Lacaze et AFP