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Nos enfants mourront plus pauvres que nous, prédit ce financier suisse

Marc Faber est surnommé le "Dr Doom" de la finance

Marc Faber est surnommé le "Dr Doom" de la finance - Capture d'écran Bloomberg

L'analyste financier suisse Marc Faber, connu pour ses prévisions d'un pessimisme sans égal, a soutenu lors d'une grande messe de la finance que "les jeunes mourront plus pauvres que leurs parents".

Marc Faber est le genre de personnes qui doivent en permanence défendre une réputation. Cet économiste et analyste de marché indépendant s'est forgé une renommée avec des prévisions on ne peut plus pessimistes sur l'économie mondiale et les marchés.

Cette Cassandre de la finance moderne est ainsi l'auteur et le responsable d'un blog au nom évocateur de GloomBoomDoom (que l'on peut traduire approximativement par "la morosité, l'explosion, la catastrophe").

Régulièrement interrogé par les télés et médias américains, ce Duisse est désormais affublé du surnom de "Dr Doom" soit "Docteur tragédie". Faut-il dès lors s'étonner de voir Marc Faber nous prédire que nos enfants connaîtront des années bien moins fastes que nous? 

"Dans les pays industrialisés, les jeunes mourront plus pauvres que leurs parents", a-t-il affirmé lors de la foire Finanz16 de Zürich, rapportent Le Temps et le Neue Zürcher Zeitung. Ce qui serait alors une première depuis "des dizaines d'année", selon lui.

Une Fed qui va "détruire le monde"

La faute selon ce docteur en économie au poids toujours croissance de l'État, "la seule industrie en croissance en Europe" et "un cancer malsain qui ronge la croissance".

Il faut dire que Marc Faber cultive aussi un certain goût pour la provocation. En 2012, il affirmait à Bloomberg sans sourciller que la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine allait "détruire le monde", indiquant au passage préférer acheter la dette du Kazakhstan, plutôt que des obligations américaines et européennes.

Plus récemment Marc Faber avait réagi au ralentissement de la croissance chinoise en assurant que plutôt que les 6,9% annoncé par le gouvernement, la deuxième économie mondiale ne verrait son PIB progresser que de 4% par an. Celui qui prédit une bulle spéculative à peu près tout le temps n'avait par ailleurs guère goûté à la décision de la Banque du Japon de mettre en place des taux négatifs, qu'il estimait être une annonce "bien plus négative que positive".

Il se voit comme un optimiste

Au passage, il taclait sévèrement les banquiers centraux. "Nous savons tous que l'économie de marché fonctionne uniquement parce que l'alternative qu'est le socialisme, le communisme et la planification ont été un échec total. Mais maintenant les démocraties ont mis en place un système qui est dirigé par une brochette de professeurs qui ciblent l'inflation, le taux de change et la masse monétaire. Le monde est-il fou au point de leur donner autant de pouvoir?", affirmait-il.

Mais n'allez pas croire que Marc Faber se considère comme un oiseau de mauvais augure. "En fait je dis toujours aux gens que je suis un grand optimiste(sic)", affirmait –il à CNBC en octobre dernier.

J.M.