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Libre-échange: premier test réussi pour l'accord entre l'UE et le Canada

Justin Trudeau, Premier ministre canadien; Donald Tusk, Président du Conseil européen et Jean-Claude Junker, Président de la Commission européenne.

Justin Trudeau, Premier ministre canadien; Donald Tusk, Président du Conseil européen et Jean-Claude Junker, Président de la Commission européenne. - JOHN THYS / AFP

La commission chargée du commerce international au Parlement européen a approuvé l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA). Un signal fort avant le vote, en plénière, du 15 février prochain.

ce C'est un premier test réussi pour le CETA. La commission chargée du commerce international au Parlement européen s'est prononcée mardi en faveur de l'accord contesté de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, qui doit maintenant être soumis au vote de l'ensemble des eurodéputés le 15 février à Strasbourg.

Les députés européens de cette commission se sont prononcés en faveur du texte, à 25 voix pour, 15 contre et une abstention. "C'est un signal fort et important en faveur de la réglementation de la mondialisation", s'est félicité le social-démocrate allemand Bernd Lange, président de cette commission, après ce vote crucial.

Vote décisif le 15 février

Le passage du texte devant la commission était un préalable obligatoire avant le vote, en plénière, des 751 députés européens. S'il passe ce nouveau vote le 15 février, l'accord entrera en application partielle et provisoire, le temps d'être ratifié par l'ensemble des parlements nationaux et régionaux d'Europe, une procédure qui peut prendre des années. "C'est une défaite" et "un tapis rouge pour l'extrême droite et les nationalismes les plus moisis", a regretté le député écologiste Yannick Jadot, vice-président de cette commission.

"Le Parlement européen ne tire aucune leçon de la victoire de Trump [à la présidence des Etats-Unis] et du vote du Brexit en augmentant le pouvoir des multinationales et en réduisant celui des citoyens", a-t-il dit à l'AFP. "Je ne comprends pas ce raisonnement qui laisse entendre que les normes ne seraient pas respectés, qu'on va s'en prendre aux services publics", lui a répondu Franck Proust, député PPE (droite). "On est dans la caricature et dans le mensonge."

Marielle de Sarnez, du groupe des libéraux et démocrates (Alde), qui s'est abstenue, a pour sa part jugé l'accord "pas très équilibré". "Il y a des points d'interrogation", a-t-elle dit, soutenant "la nécessité pour l'Europe d'avoir une vraie politique, plus proactive que simplement faire des échanges commerciaux".

L'accord "le plus progressiste jamais conclu dans l'histoire"

La Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, s'est dit mardi "heureuse" de l'issue du vote. "J'espère que nous aurons une majorité en février", a-t-elle ajouté. "Les Canadiens voteront dans leur parlement à la fin du mois de février et si tout va bien, (le CETA) entrera en vigueur en mars", a-t-elle précisé. Cecilia Malmström considère cet accord comme "le plus progressiste jamais conclu dans l'histoire" et le juge "plus important que jamais" face au protectionnisme prôné par Donald Trump.

"Ceux qui, au XXIe siècle, pensent qu'on peut redevenir grand en reconstruisant des frontières, en réimposant des barrières commerciales, en restreignant la liberté de mouvement des personnes, sont voués à l'échec", a-t-elle insisté mardi. Négocié pendant sept ans, le CETA avait été signé en octobre par l'UE et le Canada, après plusieurs jours d'incertitudes en raison de son blocage par la région belge de Wallonie.

P.L avec AFP