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La tentative de coup d’État, énième coup dur pour l’économie turque

Les supporters d'Erdogan, lors d'une nuit qui a vu une tentative de putsch être perpétrée en Turquie.

Les supporters d'Erdogan, lors d'une nuit qui a vu une tentative de putsch être perpétrée en Turquie. - Christopher Glantzl - AFP

Marqué par des attentats à répétition, le pays souffre d’une instabilité politique qui plonge son économie dans une spirale inquiétante.

Déjà frappée de plein fouet par une vague d’attentats meurtriers, la Turquie doit maintenant faire face à une crise politique majeure, symbolisée par la tentative de coup d’État perpétrée vendredi. Et même si le pouvoir en place semble avoir contenu la rébellion, la situation n’arrange en rien les affaires d’un pays déjà affaibli économiquement. 

Le secteur du tourisme, en particulier, est touché en plein cœur. Les différentes attaques visant Istanbul et Ankara (déjà six depuis le début de l’année) ont en effet fait chuter de manière drastique le nombre de réservations dans la région.

Le premier trimestre a ainsi vu le nombre d’arrivées touristiques baisser de près de 10% par rapport à la même période en 2015. Le mois de mars, marqué par un attentat sanglant sur la très touristique avenue Istiklal, a connu à lui seul une baisse de 12,8%, selon les chiffres de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). Et le mois d’avril a largement confirmé la tendance, avec une dégringolade de près de 30%.

L'emploi largement impacté

Conséquence : les revenus liés au tourisme se font moins conséquents. Toujours d’après l’OMT, ceux-ci ont connu une baisse de 3 milliards de dollars entre 2014 et 2015 (26,6 milliards contre 29,6 milliards). Et l’on peut aisément imaginer que l’année 2016 n’inversera pas la tendance.

Le problème est majeur, pour un pays où le tourisme représente 6% du PIB - et accessoirement 16% des emplois. Avec un taux de chômage qui tutoie les 11%, le coup pourrait être rude.

Pour y faire face, le président Erdogan multiplie les parades, avec une augmentation des subventions au secteur touristique. Mais aussi en tentant de renouer des relations diplomatiques sereines avec Israël, six ans après un incident diplomatique provoqué par l’assaut d’une flottille en route pour Gaza, lors duquel 9 militants turcs avaient trouvé la mort.

En présentant ses excuses concernant la destruction d’un avion de chasse russe en novembre 2015, Erdogan a également amorcé un dégel des relations avec le Kremlin. La chute spectaculaire du nombre de touristes russes (-98,5% entre juin 2016 et juin 2015) aura sans doute contribué à cette initiative.

Reste à savoir si la tentative de putsch, qui a selon un bilan provisoire fait 265 morts, ne sera pas l’obstacle de trop pour les dirigeants turcs.