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La Banque mondiale voit moins de risques pour la croissance

Le rapport de la Banque mondiale a été rédigé avant l'annonce par Trump du retrait des États-Unis de l'Accord de Paris.

Le rapport de la Banque mondiale a été rédigé avant l'annonce par Trump du retrait des États-Unis de l'Accord de Paris. - Paul J. Richards-AFP

L'institution a maintenu sa prévision de croissance économique du monde inchangée, ce qui ne lui était plus arrivé depuis plusieurs années. "Un très bon signe", décrypte l'un de ses économistes.

Pour la première fois en plusieurs années, la Banque mondiale a maintenu inchangée sa prévision de croissance dans le monde, notant l'absence de nouveaux risques qui mettraient en péril l'expansion économique de la planète. "Nous n'avons pas abaissé notre prévision de croissance pour la première fois en quatre ans et je pense que c'est un très bon signe. La croissance se raffermit", a déclaré l'économiste de la Banque mondiale Ayhan Kose, dans un entretien.

L'institution d'aide au développement prévoit une croissance de 2,7% pour l'économie mondiale cette année, et 2,9% en 2018 et 2019, confirmant ses projections de janvier. Et après une décennie qui a vu la crise financière de 2008 puis une reprise poussive, des projections stables sont à marquer d'une pierre blanche.

Marine Le Pen rejetée

Ayhan Kose, responsable du groupe de prospective du développement de la Banque qui deux fois par an prépare ces prévisions, attribue la bonne nouvelle au fait que les risques économiques ont diminué. Parmi ces risques figurent les turbulences potentielles des marchés financiers qui cherchent à digérer la hausse des taux d'intérêt américains, l'incertitude autour de la stabilité des prix pétroliers et les inquiétudes autour des résultats des élections en Europe. Mais après deux hausses de taux par la Réserve fédérale américaine (Fed) ces derniers mois -en décembre 2016 et en mars 2017-, les marchés "ont très bien réagi".

Du côté des élections en Europe, l'incertitude "a fortement diminué", les électeurs français ayant rejeté la candidate euro-sceptique Marine Le Pen. Quant aux prix du pétrole, qui sont encore bas, ils se sont stabilisés après l'accord conclu en fin d'année dernière entre l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires producteurs de pétrole pour limiter la production. "En fin de compte, nous pensons encore qu'il y a des risques à la baisse mais leur profil s'est un peu amélioré par rapport à il y a six mois", a assuré l'économiste.

Incertitudes autour de Trump

Néanmoins, les incertitudes aux États-Unis sur les politiques du président Donald Trump, que ce soit en matière commerciale ou d'immigration, ont un effet immédiat sur les conditions économiques qui pourrait ralentir la croissance, a ajouté Ayhan Kose. Les entreprises peuvent retarder des décisions, repousser des investissements en l'absence de "politiques bien définies". C'est le cas par exemple des groupes qui ont des activités qui peuvent être impactées par la renégociation, voulue par Donald Trump, de l'accord commercial nord-américain Alena qui réunit les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Dernier risque d'importance: le changement climatique. Le rapport, réalisé avant la décision annoncée par les États-Unis de se retirer de l'accord de Paris sur le climat, ne mentionne pas l'impact éventuel de ce retrait. Mais la Banque mondiale est chargée d'aider les pays pauvres à faire face à ces défis, qui à travers les sécheresses et autres catastrophes naturelles, affectent déjà "un grand nombre de gens". "Ce sont des risques importants" et la Banque mondiale "doit travailler avec les pays pour les aider à y faire face"", en développant des énergies nouvelles, une urbanisation durable et une gestion des risques de catastrophes.

N.G. avec AFP