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La baisse surprise de la consommation américaine fait flancher les marchés

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- - Eric PIERMONT / AFP

Une première estimation des ventes de détail en décembre aux Etats-Unis particulièrement décevante a refroidi les places boursières jusque là très bien orientées (Eurostoxx 50 -0,62% ; CAC40 -0,23%).

Les Bourses européennes ont terminé en baisse ce jeudi, plombées notamment par une surprise statistique. Les mauvais chiffres des ventes de détail aux Etats-Unis qui ont accusé leur plus forte chute mensuelle en dix ans. La séance avait pourtant bien commencé, à Paris notamment, on saluait les publications solides de sociétés industrielles comme Renault, Legrand ou Schneider. Mais à mi-séance, inversement de tendance. On apprend que les ventes de détail (la consommation) ont baissé de 1,2% en décembre aux Etats-Unis alors que c'est plutôt la stabilité qui était attendue.

La Fed à côté de la plaque ?

"Pour nous, on avait une résilience de l'économie américaine avec des propos du président de la Fed, en fin d'année, qui étaient plutôt très euphoriques sur la croissance américaine. Selon lui, en novembre/décembre, il fallait même ralentir sur le crédit à la consommation etc. " constate Laurent Géronomi, responsable taux et diversifiés chez Swiss Life Banque Privée, sur le plateau d'Intégrale Bourse, sur BFM Business. "Maintenant, on s'interroge sur la crédibilité de la banque centrale dans ses prévisions ! Si le consommateur n'est pas là, on se demande qui va soutenir l'économie américaine" ajoute-t-il.

Trop tôt pour en tirer des conséquences

"Jusqu'ici, malgré les craintes de récession, les statistiques étaient solides aux États-Unis, c'est donc le premier indicateur majeur qui s'avère mauvais. Il s'agit donc de savoir si c'est un cas isolé ou le premier signe" d'un changement, selon Andrea Tuéni, un analyste de Saxo Banque, interrogé par l'AFP. 
"Il est trop tôt pour dire que ces chiffres reflètent un ralentissement de l'économie américaine, d'autant qu'ils ont été influencés par un shutdown de 35 jours et la guerre commerciale avec la Chine" a estimé Art Hogan stratégiste marchés en chef pour la société National.

Un mois de décembre anxiogène

Gregori Volokhine, président de Meeschaert Financial Services à New York relativise également. "Le mois de décembre a été particulièrement pénible pour les Américains. D'abord on avait des marchés financiers qui ne faisaient plus que baisser depuis l'été sachant que 48% des Américains sont investis en bourse via leurs fonds de pensions. Ensuite on a eu d'autres sujets désagréables : le shutdown, la guerre commerciale avec la Chine et puis on avait en tête qu'en 2019 la Fed allait remonter ses taux". Autant de raisons, selon lui, pour que les Américains réfléchissent à deux fois avant de consommer.

Pour Gregori Volokhine, "fondamentalement, l'économie américaine ne s'est pas écroulée en décembre et en janvier, les choses vont encore bien. La question est donc de savoir si ces mauvais chiffres de décembre vont être rattrapés en janvier, sachant en plus qu'il s'agit d'une première estimation".

Fabien CHAMBLANC avec AFP