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Iran: les Européens prêts à "tout" pour protéger leurs entreprises

En annonçant mardi le retrait des États-Unis de l'accord nucléaire iranien, Washington a menacé de sanctionner toutes les entreprises étrangères, dont les européennes, qui commerceraient avec l'Iran.

Les Européens vont "tout faire pour protéger les intérêts de (leurs) entreprises" en Iran et comptent mener "des négociations serrées" avec les États-Unis, au niveau de l'Union européenne, a indiqué l'Élysée mercredi.

En annonçant mardi le retrait des États-Unis de l'accord nucléaire iranien, Washington a menacé de sanctionner toutes les entreprises étrangères qui commerceraient avec l'Iran et leur a donné 180 jours pour se conformer à cette injonction.

"L'administration américaine a annoncé qu'elle prévoyait la remise en place progressive des sanctions américaines, avec une période transitoire de 90 ou 180 jours. Nous allons tout faire, en lien avec nos entreprises, pour défendre et protéger leurs intérêts et maintenir les effets incitatifs de l'accord. Nous allons traiter avec les États-Unis au niveau de l'Union européenne, pour des raisons politiques, pratiques et juridiques", a précisé l'Élysée.

Besoin de temps pour dialoguer

La présidence française a reconnu que pour l'instant les modalités pratiques des sanctions que les États-Unis comptent rétablir n'étaient "pas très précises", assurant qu'elles feront "l'objet de discussions très serrées avec l'administration américaine, où nous défendrons les intérêts des entreprises européennes".

"Les entreprises disent aussi avoir besoin de temps pour savoir comment ces mesures vont s'appliquer et vont avoir besoin de négocier pour l'avenir", ont poursuivi les conseillers d'Emmanuel Macron.

Interrogés sur l'avenir notamment des ventes d'Airbus à l'Iran, ils ont répondu que "les choses avaient déjà commencé à se gripper" dans l'attente de la décision de Donald Trump. "Il y a d'une part les contrats, d'autre part les décisions américaines. Nous avons besoin d'un peu de temps pour avoir ce dialogue" avec l'UE, les États-Unis et les entreprises, ont-ils expliqué.

"Les Russes et les Chinois ont déjà dit qu'ils restaient dans l'accord"

Ils ont aussi estimé qu'il ne s'agissait pas seulement de changer de monnaie, par exemple de commercer en euros plutôt qu'en dollars, pour échapper à des sanctions américaines. "Ce n'est pas aussi simple", ont-ils averti.

Ils ont relevé que, "sans parler de bloc" contre les États-Unis, "les Russes et les Chinois ont déjà dit qu'ils restaient dans l'accord, il y a donc convergence des cinq autres signataires pour rester dans l'accord".

"Tout pays qui aidera l'Iran dans sa quête d'armes nucléaires pourrait aussi être fortement sanctionné par les États-Unis", a mis en garde M. Trump mardi. Son conseiller à la sécurité nationale John Bolton a donné aux entreprises étrangères quelques mois pour "sortir" d'Iran. Autrement dit, il sera très risqué pour une entreprise européenne de maintenir ses investissements en Iran.

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a craint que ces mesures aient des "conséquences" pour des entreprises françaises comme Total, Sanofi, Renault ou Peugeot, et jugé "inacceptable" que les États-Unis se placent en "gendarme économique de la planète".

J.-C.C. avec AFP