BFM Business

Brexit: les avocats britanniques s'enregistrent en masse en Irlande

Les avocats britanniques s'enregistrent en Irlande mais ne s'y établissent pas

Les avocats britanniques s'enregistrent en Irlande mais ne s'y établissent pas - Non Profit Organization Lawyers Oakland - Wikimedia Commons - CC

Depuis 2016, 1317 avocats venant du Royaume-Uni se sont enregistrés dans la république voisine pour pouvoir continuer de représenter leurs clients basés dans l'UE, une fois que la sortie du Royaume-Uni sera effective.

Avec le Brexit l'Irlande devient subitement très attractive. Bank of America a notamment décidé d'y baser son siège européen. Et surtout depuis le référendum tenu l'an passé, près de 1300 avocats basés au Royaume-Uni ont décidé de s'enregistrer dans la république voisine, indiquent les données de la Law Society of Ireland, citées par Bloomberg.

Dans le détail, 511 avocats britanniques ont procédé à cette démarche depuis le début de année et 806 en 2016, alors qu'en temps normal, ils sont "entre 50 à 100" à s'enregistrer chaque année, rapporte Ken Murphy, le directeur général de la Law Society of Ireland, précisant que très peu d'avocats s'établissent effectivement en Irlande.

Pouvoir défendre leurs clients auprès de la CJUE

Cette opération traduit la volonté pour ces avocats, dont beaucoup sont spécialisés dans le commerce et la concurrence, de pouvoir continuer à représenter leurs clients à la Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE), une fois le Brexit finalisé. Ils craignent également de perdre un droit qui empêche les autorités d'un pays enquêtant sur une entreprise de saisir les conseils juridiques fournis par ses avocats.

La perte de ce privilège pourrait en effet créer un désavantage concurrentiel pour les avocats londoniens, alors que Londres, de par le poids de la finance, est actuellement un important hub juridique. Mais ce statut risque d'être mis à mal par le Brexit.

300 euros de frais

À l'heure actuelle, s'enregistrer en Irlande, pour un avocat britannique, n'est pas trop compliqué, la manoeuvre exigeant un peu de paperasserie et 300 euros de frais, dans un délai d'un à deux mois, selon Bloomberg. Mais cette procédure pourrait être complexifiée avec notamment l'instauration d'un examen.

Ken Murphy confie à l'agence américaine connaître des avocats qui ont même pris la nationalité d'un État européen -irlandaise mais aussi belge- pour éviter de subir les répercussions du Brexit.

J.M.