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Vote double: le bras de fer entre Renault et l'Etat

Les actionnaires de Renault ne veulent pas du vote double.

Les actionnaires de Renault ne veulent pas du vote double. - Fadel Senna - AFP

Un conseil d'administration extraordinaire était réuni le 16 avril. Il a demandé à l'Etat de renoncer à ses droits de vote supplémentaires. Mais ce dernier refuse de céder.

Le vent chez Renault de révolte ne se calme pas. Le conseil d'administration du constructeur, qui s'est réuni jeudi soir, a demandé à l'Etat français de renoncer aux droits de vote supplémentaires qu'il veut obtenir en 2016.

"Le conseil de Renault demande à Carlos Ghosn de veiller aux équilibres de l'alliance entre Renault et Nissan", a précisé une source. Une information que Renault a confirmé.

L'Etat français a porté temporairement sa participation dans Renault à près de 20% afin de s'assurer qu'il obtiendra des droits de vote doubles à la prochaine assemblée générale du 30 avril.

La rémunération de Ghosn en cause?

Selon certains analystes du secteur. L'Etat dit vouloir revenir après l'AG à 15% de capital de Renault. Mais avec 30% des droits de vote, le gouvernement disposerait d'un point pour peser dans les décisions du constructeur.

Si la stratégie de Carlos Ghosn n'est pas en cause, sa rémunération est souvent critiquée par Bercy. Ecran de fumée, selon eux. Elle est largement inférieure à des patrons de groupe automobile comparable.

En imposant les droits de vote double, cela permettra à l'Etat de réduire sa participation. Et donc de trouver de l'argent frais, sans perdre de son influence chez Renault. Avec ces manœuvres, l'Etat prend le risque de froisser durablement le partenaire Nissan. Il détient lui aussi 15% du capital mais sans droit de vote, car le groupe japonais est contrôlé par son partenaire français, qui en détient 43,4% du capital. Et cela va remettre en cause l'objectif de Carlos Ghosn de faire de Renault Nissan, le numéro 3 mondial du secteur.

D. L. avec M. S.