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Une PME française crée le premier taxi 100% autonome

VIDÉO - La société lyonnaise Navya a présenté le premier "robot-taxi" de série, sans volant ni pédales. Il circulera dans Paris avant la fin de l'année prochaine.

Cette fois, ça y est. De vrais véhicules autonomes, sans conducteur, sans pédales et sans volant, vont pouvoir circuler sur route. Et ils sont français. Dix ans après s’être lancé dans l’aventure des navettes autonomes l’entreprise Navya, fondée par Christophe Sapet (l’ex-directeur général d’Infogrammes) a mis au point le premier véhicule de série 100% autonome.

Baptisé Autonom Cab et fabriqué à Vénissieux (Rhône), ce véhicule se situe, sur le plan stylistique, à mi-chemin entre un SUV et un monospace. Son fonctionnement est assuré par une intelligence artificielle qui traite en permanence les nombreuses informations de circulation (conditions de trafic, panneaux de signalisation, ...) envoyées par les différents radars présents sur son toit et dans sa carrosserie. 

"Nos navettes Autonom Shuttle destinées au transport collectif ont déjà été utilisées -en tests- par environ 200.000 personnes et 95% des utilisateurs ont été satisfaits", indique Christophe Sapet. Présenté comme un "robot-taxi", Autonom Cab est, en revanche, "le premier véhicule autonome et connecté destiné à un usage privé ou partagé". Il est capable d’embarquer jusqu’à six passagers grâce à ses deux rangées de sièges installées en vis-à-vis.

Ce véhicule, qui évoluera essentiellement en centre-ville, peut atteindre la vitesse maximale de 90 km/h. Compte tenu des conditions de trafic, particulièrement denses, sa vitesse commerciale moyenne ne devrait pas excéder les 30 km/h. Avec ses batteries lithium-fer-phosphate, Autonom Cab dispose d'une autonomie d'environ 200 kilomètres, lui permettant de circuler une dizaine d'heures par jour.

Dans les rues de Paris dès l'année prochaine

Les citadins désireux d'essayer ce véhicule vont devoir patienter encore un peu. Dans le cadre du CES de Las Vegas (États-Unis), de rares privilégiés vont pouvoir circuler à son bord, début janvier, l'Autonom Cab, en avant-première. Dès le deuxième trimestre 2018, les Parisiens pourront, eux, découvrir ce véhicule autonome en conditions réelles de circulation. Navya ayant obtenu l'autorisation de faire rouler son robot-taxi dans le quartier des Invalides. Durant cette phase d'essais, le véhicule ne sera pas accessible au public. Seuls des employés de la société y prendront place.

Compte tenu de son coût (entre 230.000 et 250.000 euros) l'Autonom Cab n'est pas destiné aux particuliers mais plutôt aux opérateurs de transport public ou aux collectivités territoriales. "Nous espérons livrer les premiers exemplaires de l'Autonom Cab à nos clients finaux en juillet 2018", précise Christophe Sapet.

Pour séduire d'éventuels acheteurs, l'entreprise a noué plusieurs partenariats avec des acteurs importants du secteur des transports, comme l'opérateur Keolis (actionnaire de l'entreprise depuis 2016) ou encore le distributeur automobile australien RAC et ne se contente pas de fournir le véhicule.

"Navya donne une très belle image de la France" 

"Ce robot-taxi est l'illustration de la troisième révolution des transports" insiste Élisabeth Borne. "Après le train du XIXème siècle, l'automobile au XXème siècle, le XXIème siècle est celui de la mobilité et des innovations digitales" ajoute-t-elle.

La ministre des Transports, qui vient de lancer les Assises de la mobilité, estime que "ce type de véhicules répond à des enjeux sociétaux, sécuritaires et environnementaux". Elle est cependant consciente qu'il faut "adapter le cadre législatif pour leur donner toute leur place". 

Encore plus enthousiaste que sa collègue des Transports, le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard estime que "Navya donne une très belle image de la France". Selon lui, les véhicules autonomes vont permettre de désenclaver les territoires ruraux où la mobilité est parfois un handicap. Jacques Mézard voit également en leur émergence "une révolution sociale" et un gage de sécurité. "Avec ce type de véhicules, il n'est plus question d'appuyer sur le champignon".

Antonin Moriscot Journaliste BFMTV