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Une année 2016 record pour Renault

Carlos Ghosn peut bomber le torse

Carlos Ghosn peut bomber le torse - Éric Piermont - AFP

Le constructeur a publié ce vendredi un bénéfice annuel en hausse de 20% à 3,5 milliards. Un niveau qu'il pensait initialement atteindre cette année seulement. Renault se montre par ailleurs serein quant aux résultats de l'information judiciaire portant sur ses moteurs diesel.

Carlos Ghosn peut bomber le torse. Ce vendredi, Renault a livré des résultats record au titre de l'année 2016. Le bénéfice annuel s'établit ainsi à 3,54 milliards d'euros en hausse de 19,7%. La marge nette atteint elle 6,4% (contre 5,2% en 2015).

Le chiffre d'affaires du groupe dépasse les 50 milliards d'euros (51,2 milliards), une objectif que s'était fixé Renault… pour 2017. Le résultat est somme toute logique au vu des excellentes performances commerciales du constructeur (3,18 millions de véhicules vendus l'an passé).

"Après les très bons résultats du premier semestre, le Groupe confirme sa performance en établissant un nouveau record sur l’année. Les objectifs du plan 'Drive the Change' lancé en 2011, ont été dépassés tant sur le plan de la croissance que sur le plan des profits, avec un an d’avance", s'est réjoui Carlos Ghosn, le PDG de la marque au losange, cité dans le communiqué.

Diversification sur tous les fronts

Ces bons résultats viennent couronner la stratégie du groupe. Renault s'est en effet diversifié sur tous les fronts. Sur le plan géographique d’abord, Renault n’est plus dépendant du seul marché européen. La meilleure illustration reste la Kwid, qui fait un carton en Inde. Le modèle ultra low cost a été lancé en Afrique du Sud et au Brésil. Il est désormais vendu aussi en Chine. Et Renault est en position de s'attaquer au Pakistan dès cette année.

Renault a aussi réussi à diversifier sa gamme. La famille Mégane n’est plus la seule qui tire les profits à la hausse, comme c’était le cas il y a 6 ans. Aujourd’hui, tous les modèles rapportent de l’argent, y compris la Clio, même s'il aura fallu attendre la quatrième génération pour que cette citadine contribue enfin aux résultats du groupe.

Désormais, Renault voit logiquement plus loin et compte afficher un chiffre d'affaires de 70 milliards d'euros d'ici à 2022.

Jouer la carte des synergies

"Nous prévoyons que notre croissance continue après deux années record, alors que le marché mondial est stable", a affirmé Carlos Ghosn au micro de BFM Business.

Le PDG de Renault-Nissan a indiqué que "les détails" du nouveau plan stratégique de l'alliance "seront dévoilés en octobre". "Nous allons travailler ensemble sur la partie commune à savoir les synergies d'un côté et de l'autre la préparation aux nouvelles technologies car la voiture de demain sera très différente de celle d'aujourd'hui: plus électrique, plus autonome, plus connectée", a-t-il néanmoins indiqué.

Interrogé sur les synergies entre Mitsubishi et Renault il a donné deux exemples. "Mitsubishi a besoin de nouveaux produits en Asie du Sud-Est où Renault n'est pratiquement pas présent. Donc il est très probable que des produits Renault soient utilisés par Mitsubishi pour renforcer sa gamme dans cette région", a-t-il d'abord expliqué. Par ailleurs, Mitsubishi "n'a pas de société de financement" et du coup "il y a des discussions pour que RCI (Renault Crédit International, la banque de Renault, ndlr) finance les ventes de Mitsubishi. Mitsubishi bénéficiera de meilleures conditions, et RCI pourrait faire des profits correspondant à ces ventes", a-t-il ajouté.

"Nous sommes très confiants, nous n'avons pas triché"

Par ailleurs, le groupe a profité de ses résultats annuels pour rassurer ses actionnaires sur l'affaire concernant les émissions polluantes de ses moteurs diesel qui lui vaut actuellement une information judiciaire. Renault n'a passé aucune provision comptable pour faire face à une condamnation, preuve qu'il est très serein quant à l'issue de la procédure. "Nous sommes très confiants, nous n'avons pas triché, nous l'avons dit, nous le redisons", a expliqué Clotilde Delbos, la directrice financière de Renault, pour qui l'affaire est née plutôt "de l'interprétation de normes que d'un problème vis-à-vis de normes existantes".

En outre, "pour pouvoir provisionner quelque chose, vous devez avoir une estimation d'un coût et une probabilité suffisante d'occurrence". Or, Renault n'ayant pas encore eu communication du dossier, "il me semble impossible de provisionner quoi que ce soit", a-t-elle insisté.

L'alliance Renault-Nissan n'évoluera pas tant que l'État sera actionnaire

Carlos Ghosn, PDG de l'alliance, a prévenu que la forme de l'alliance entre les deux constructeurs automobiles n'évoluerait pas tant que l'État français resterait au capital de la firme au Losange.

Mais "le jour où l'Etat français décide de sortir (du capital), tout est ouvert. Et je peux vous dire que ça ne prendra pas beaucoup de temps", a-t-il lancé.

Mathieu Sévin avec J.M. et AFP