BFM Business

Un clandestin de 15 ans meurt congelé dans le train d'atterrissage d'un avion

-

- - -

Sur une des pistes de l'aéroport Charles de Gaulle, le corps congelé d’un garçon de 15 ans a été retrouvé dans le train d'atterrissage d'un avion venu du Cameroun, le 8 avril dernier. Sans papiers d'identité sur lui, il a été enterré anonymement mardi à Mauregard, en Seine-et-Marne. Emue, la maire de cette commune témoigne.

X masculin N°13 / 0824. Pas de nom, seulement un matricule, à lire sur la tombe d'un jeune clandestin enterré mardi à Mauregard, dans la Seine-et-Marne. Un mort anonyme, qui avait entre 15 et 17 ans. Son corps congelé a été retrouvé dans le train d'atterrissage d'un avion venu de Douala, au Cameroun, via Yaoundé, le 8 avril dernier. Sur le jeune homme, aucun papiers d'identité. Il est mort d'asphyxie à 9 000 mètres d'altitude, congelé par - 50 degrés.

« Un garçon désespéré »

Le vol s'est posé sur une des pistes de l'aéroport Charles de Gaulle, situé sur la commune de Mauregard, 350 habitants, qui a donc été chargée de l'inhumation. Celle-ci a commandé une jolie sépulture, une gerbe de fleur et va faire mettre une plaque sur la tombe. Emue par cette « histoire très triste », Marion Blancard, la maire (sans étiquette) de Mauregard, explique : « Au début, on nous avait parlé d’un jeune homme d’une vingtaine d’années, et en fait il avait entre 15 et 17 ans. Ce qui prouve que c’était un garçon désespéré, qui croyait en quelque chose d’autre, et en même temps il ne devait pas être très au courant de grand-chose, puisqu’il ne savait pas qu’il n’avait aucune chance de survie dans un train d’atterrissage. On a cherché à lui offrir des funérailles décentes. Je me suis déplacée et j’ai demandé à 2 employés communaux de venir. Le pauvre garçon, il n’y avait personne pour lui, c’est poignant ».

« De plus en plus de morts sur les routes de l’exil »

« Il y a de plus en plus de morts sur les routes de l’exil, constate tristement Jean-Pierre Alaux, chargé d'étude au Groupe d’Information et de Soutien des Immigrés (Gisti). Il y a des tas de gens qui tombent des caches sous le châssis des camions et qui sont écrasés par le camion sur lequel ils sont montés. Le mode avion, c’est exceptionnel. Il est possible que des gens se soient mis dans des roues d’avion et qui, collés par le gel, tombent pendant le vol, au-dessus de la mer ou d’un désert, et personne ne les trouvera jamais. Il doit aussi y avoir des inhumations clandestines, de gens qui tombent sur des terres habitées ».

J.V. avec Claire Andrieux