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Totalement à l'arrêt, Corsair n'est pourtant pas éligible au prêt garanti par l'Etat

Sur l'antenne de BFM Business, le patron de la compagnie aérienne juge les critères pour en bénéficier "trop restrictifs" et attend un assouplissement de la part du gouvernement.

"Tous les avions de la flotte sont cloués au sol depuis le 26 mars. Nous n'avons plus aucune recette, les réservations sont inexistantes." Voilà comment le PDG de Corsair, Pascal de Izaguirre, résume la situation de son entreprise en pleine crise du coronavirus. Comme toutes les autres compagnies aériennes, la petite française, qui dispose d'une flotte de 7 avions, va avoir besoin d'aide, non seulement pour survivre au confinement mais aussi au redémarrage de l'activité qui va engendrer des dépenses.

C'est d'ailleurs l'intérêt du prêt garanti par l'Etat (PGE), censé pousser les banques à accorder facilement et rapidement des crédits, y compris aux plus grosses entreprises. "Avec les banques, aujourd'hui, on n'a pas de réponses positives et on n'est pas non plus éligibles au prêt garanti par l'Etat" tranche pourtant Pascal de Izaguirre. "Ces prêts nécessitent des critères qui sont trop restrictifs, par exemple en matière de capitaux propres". En effet, pour obtenir le PGE, l'entreprise doit posséder un niveau de fonds propres supérieur à la moitié du capital social.

Dans le sillage d'Air France

"J'espère que ces critères vont être assouplis dans les prochains jours car, à partir du moment où nous aurons une garantie accordée par l'Etat, les banques suivront" juge Pascal de Izaguirre, qui estime que "de très nombreuses entreprises sont exclues de ces prêts garantis par l'Etat."

"Nous, par exemple, nous n'avons jamais recouru à un emprunt bancaire, nous avons zéro endettement, mais pour un critère relatif aux capitaux propres, nous ne sommes pas éligibles à ces prêts" se désole-t-il.

Reste que le PDG peut probablement compter sur la bonne volonté du gouvernement qui a promis d'aider Air France. "Il me parait indispensable, bien sûr, que les aides de l'Etat bénéficient à toutes les compagnies aérienne françaises pour éviter une distorsion de concurrence évidente" prévient Pascal de Izaguirre. "A ce stade, je n'ai pas le sentiment que l'Etat n'envisage pas d'aider tout le transport aérien. Nous verrons bien."

Thomas Leroy